Médhy CUSTOS: « Je veux être honnête avec mon public »!

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Il y a peu d’artistes avec une carrière aussi foudroyante que celle de Médhy Custos. Entre « Serial Lover », son premier album et sa signature en Major, 3 années seulement se sont écoulées. Ce n’est pourtant pas le fruit du hasard, depuis ses débuts dans Kwebee, nous avions repéré cette silhouette longiligne, qui, avec « Annie » avait déjà fait preuve de talent en écriture et en mélodie. Il a su capitaliser et travailler ce rare don pour l’écriture et la mélodie pour devenir l’un des acteurs phares et incontournables de la scène zouk antillaise dont il véhicule la flamme au travers de ses déplacements en Afrique, Cap-Vert ou Etats-Unis. L’album ADN signe un tournant dans sa carrière et dans son style en abordant des thèmes et utilisant des influences auquelles il ne nous avait pas habitué. Mais il reste le « Sérial Lover » qui fait chavirer les demoiselles! Il se livre à FrékansZouk Magazine sur son parcours, sans détours et sans langue de bois.

– Ta carrière a démarré en 1996 avec le groupe Kwebee, parle-nous un peu de cette époque. On se souvient de « Magic Dream » ou « Annie » (ton titre) qui ont cartonné à l’époque.
Médhy CUSTOS: Beaucoup ne le savent pas mais à la base Kwebee était un groupe formé de 5 musiciens et de 4 chanteurs. Dans cette configuration nous avons enregistrés deux maxi single « Annie » et  » Magic dream » et ce n’est que quelques années plus tard que nous avons développé un profil basé exclusivement sur les voix.
Après avoir pris nos marques sur les standards de la variété française et internationale nous avons crée notre propre identité musicale en adaptant a capela des succès populaires du patrimoine Antillais (Doudou pa pléré, mwen domi déwo…). La formule était très originale et elle nous a fait connaitre et apprécier par le grand public en Guadeloupe et en Martinique.
L’expérience Kwebee nous a emmené sur la bande originale du film « Antilles-sur-Seine » de Pascal Légitimus dans lequel nous apparaissons mais également en première partie de Malavoi, Trio Espéranza, Jacques Higelin, et de monsieur Jean Jacques Goldman qui nous offert cinq soirs durant le plaisir d’interpréter « Annie » accompagnés de ces musiciens au centre des Arts de Pointe-à-Pitre…La classe non?!

– Tu quittes le groupe pour démarrer ALLIANSTARS qui est un méga-succès avec « A jamais », et tu nous sort l’un des plus beaux titres du zouk, devenu un classique, « Pé pa oublié’w », comment ce titre est-il né?
M.C.: Euh…Rectification je n’ai pas quitté Kwebee, malheureusement le concept s’est dissout de lui même en 2005, c’est à dire quatre ans après la sortie d’ Allianstars, et pas moins de quinze ans après que j’ai remplacé Pascal Obydol qui à l’époque partait faire ses études en Métropole! Lui même a remplacé Willy Rousseau trois ans après etc… Petit parenthèse sur l’historique de Kwebee.
Après le départ des musiciens, avec le batteur (Jean-Marie Théophile), nous, (Patrice Hulman, Jimmy Dévarieux , Willy Rousseau, Médhy Custos), nous sommes réorganisés en quintet vocal et c’est avec cette formule que nous avons eu à évoluer le plus souvent sur scène. Paradoxalement nous n’avons jamais enregistré les adaptations a capela du répertoire créole qui ont fait notre notoriété.
Au moment de la sortie d’ Allianstars, le gros de l’activité de Kwebee se résumait à quelques prestations éparses et à des séances de travail (répétitions, composition) qui avaient lieu en matinée. Il était donc facile de concilier mon emploi du temps personnel avec le planning du groupe. En fait , le vrai problème de Kwebee, c’est que musicalement nous avions un problème de riche. Vu que nous avions plusieurs cordes à notre arc, divers profils s’offraient à nous. Cependant il n’y avait pas de leader; nous étions cinq et donc les décisions étaient prises à la majorité. Résultat, tous les trois mois, le groupe oscillait entre faire de la musique orchestrée ou en a capela. Malheureusement nous n’avons jamais réussi à faire un vrai choix de carrière et c’est celà qui a causé la perte du groupe. Kwebee est mort de son incapacité à choisir une direction artistique et de s’y tenir.

En 2003, j’ai reçu le Prix Sacem du Meilleur Interprète Masculin pour « Pé pa oublié’w », une chanson en créole chargée d’une émotion débordante qui, je me rappelle, fut difficile à contrôler en studio. J’étais jeune et je ne comprenais pas pourquoi mes relations amoureuses finissaient toutes par échouer alors j’ai écris cette chanson pour m’aider à extérioriser ce chagrin qui s’était accumulé en moi. C’est une chanson qui me met à nu et c’est peut être ce qui la rend intemporelle, car la musique est un fluide qui, pour se répandre dans les cœurs, a besoin de sincérité. Je suis vraiment très heureux que cette confidence ait touché tant de monde et qu’elle plaise encore autant aujourd’hui. [NDLR: Nous confirmons! 😉 ]

– De 5 puis 2, Medhy devient 1 avec la sortie de « Serial Lover » en 2004, ton premier album qui frappe un grand coup dans le zouk avec 4 hits « Franc Jeu », « Dalo », « Pour te retenir » et « Comme si »! Comment réagis le Medhy de l’époque?
M.C.: C’est le bonheur! Je suis en train de réaliser un rêve! Partout où je passe on m’ accueille avec des sourires et des félicitations pour mon ouvrage alors je prends conscience du bien que je peux faire aux gens avec ma musique. Le succès de l’album en fait m’a confirmé l’idée que je suis à ma place , que j’ai trouvé ma voie!

– Le point culminant de cette ascension reste sans conteste ta signature chez Up Music, Label filiale de Warner Music et tu deviens une star nationale avec « Elles demandent ». La tête t’a-telle tourné? Comment s’est passée cette période? Tu as su gérer cette notoriété et tout l’argent qui va avec? 😉
M.C.: Après « Pas de glace » en duo avec Jane Fostin les choses se sont accélérées pour moi et le single « Elle demandent  » est tombé à point nommé! Numéro 1 de l’air play [NDLR: Les rotations radios] en 2007, ce titre m’a ouvert les portes du marché Français, et a fait grandir ma notoriété dans l’Océan indien et sur le continent Africain. Je ne compte plus le nombre de voyages que j’ai pu faire! Tout cela m’a permis d’investir sur un patrimoine et j’ai investi dans la musique également. J’ai monté une boîte de production avec laquelle j’ai mis en avant Erik Négrit, Jimmy Dévarieux, Christian Nara, Allianstar2, Griv la, Stéphanie René, Jonathan, Bruno Bias , Dis moi zouk by Medhy Custos etc… Tout cela ne m’a pas enrichi mais un maître m’a enseigné que lorsqu’on reçoit il faut savoir donner …

– Ton passage à l’Olympia date de 2009, pouvons-nous espérer une grande scène de Medhy Custos en 2009?
M.C.: Depuis l’Olympia, il y a eu le Bataclan en octobre 2013 et en Décembre dernier je me suis produit en concert en Guadeloupe… Trois heures de live! J’ai lancé aux organisateurs locaux deux ou trois hameçons pour un concert dans les eaux Martiniquaises. A ce stade je suis encore en attente des propositions pour 2015 … A suivre

– Tu viens de sortir ADN, ton 3e album, pourquoi ADN et de quoi parles-tu dans cet album?
M.C.: Je sors ADN 5 ans après « Ouvrir mes Ailes « , et après avoir fait la synthèse de tout ce que cette période faste qu’emmène l’exposition nationale. J’avais besoin de ce temps pour me retrouver en moi et me régénérer artistiquement. Dans cet opus je parle beaucoup d’Amour, comme à l’accoutumée, car le sujet est loin d’être épuisé.
A côté de cela il y a des confidences, des nouveaux rythmes, de nouveaux thèmes, un profil plus Afro-Caraibéen, plus Hip-Hop. Dans « Ayen a kaché » par exemple je parle de moi face aux rumeurs, il y a un proverbe qui dit « Quand on veut obtenir quelque chose mieux vaut parler à Dieu qu’à ses saints » . Dans mon métier, comme dirait Maître Gims, je sais que ça fait cliché de dire qu’on est pris pour cible, alors vu que je ne m’étais jamais exprimé publiquement sur les cancans de ménagères dont j’ai été l’objet alors, pour une fois, j’ai répondu clairement aux quolibets des « malpalans » Lol . Je parle de tout sans langue de bois et mes réponses sont véridiques et sans équivoque. Je ne suis pas du genre à laisser parler les gens et je n’accepterai jamais la calomnie gratuite et malhonnête.

– Tu t’y essaies à de nouveaux styles, vers quelle direction souhaites-tu que ta musique aille?
M.C.: L’Afrique m’a fait un don.Elle m’a accueilli en son sein et m’a nourri comme un frère, comme un fils. J’ai été à la rencontre de ses diverses cultures et peuplades et j’ai relevé beaucoup de différences mais aussi de nombreuses similitudes avec mes compatriotes. A l’instar de l’association World for Tchad, ou de l’ONG Isolons EBOLA, aujourd’hui la terre mère me sollicite également quand il s’agit de sensibiliser le monde face à ses difficultés.
Je suis d’origine Antillaise et pour moi c’est un grand honneur de pouvoir faire partie de ces grandes entreprises portées par des artistes notoires de ce continent tels que Magic System, Manu Dibango, Monique Séka, Molaré, Tiken Jah Fakoli ou encore récemment Akon!

AKON MEDHYMédhy Custos & Akon

Mon immersion dans ce grand vivier musical m’a fait goûter à des saveurs qui sont désormais présentes dans mon esprit, dans mon corps et que je souhaite intégrer à mon univers artistique.
A côté de mes chansons d’amour, je prévois de mettre en place une nouvelle dynamique musicale dans mon répertoire. D’un point de vue commercial, après quinze ans de carrière avec un profil de « zouk lover » reconnu, je sais que c’est un gros risque que je prends ici. Cela dit, au fond de moi, je sais également que si je faisais abstraction de cette vibration, que je ne serai pas totalement honnête avec mon public. J’espère qu’il comprendra et qu’il me suivra dans cette nouvelle orientation … Sa ki fèt bèl!

– On retrouve dans ADN de nombreux featurings (Jessy Matador, Misié Sadik, T-Micky, FDY Phenomen), c’était une volonté particulière de ta part de partager?

M.C.: Oui, j’ai cette éducation du partage et je sais aussi que les collisions d’univers artistiques différents peuvent générer de très belles choses ( Rires)!
Pour la petite histoire, en fait j’ai recroisé Jessy Matador sur le projet « Tropical Family » et nous avons mis en place ce projet de collaboration surprenant. Avant cela, on avait partagé l’affiche sur un concert au Congo qui avait attiré près de 9 000 personnes!
Fdy Phénomèn, autre invité talentueux, vient de la scène rap et, comme pour T- Micky, notre duo fait partie d’un projet discographique sorti avant le mien. A propos de T-Micky, au mois de Novembre dernier nous avons tourné un clip sur « Mèt kité’y alé« , qui paraîtra très prochainement.
Misié Sadik est un vrai artiste engagé pour qui j’ai énormément de respect et l’inviter sur ce projet était une évidence, qu’il accepte ou pas. Heureusement pour moi il a compris ma démarche quant au titre « GWO KA » qui accueille également Erik Négrit, l’un des piliers de notre musique la traditionnelle.
C’est un trio inter-générationnel très apprécié que nous avons déjà présenté deux fois sur scène !

– Après « Lova Girl » et « Me Luv Yuh », le nouveau single est « Padoné mwen », un zouk love », que représente ce titre?
M.C.: « Padoné mwen » emboîte le pas aux deux chansons qui ont précédées et présentées l’album ADN. C’est une chanson que j’ai composé avec Thierry Delannay et qui s’inscrit dans la lignée de « Pé pa oublié’w » et d’ « A jamais » en terme de couleur artistique.
Elle représente la demande de pardon dans toute sa dimension et qui parle à beaucoup de gens, car il est extrêmement rare de trouver quelqu’un qui, en son âme et conscience, n’a rien à se reprocher. Une phrase pourrait résumer cette chanson: « Que celui qui n’a jamais fait souffrir lance la première pierre! » Sur le plan des émotions, c’est le point culminant de cet opus qui se veut traducteur de tous mes états d’âme.
– Continues-tu à écrire pour les autres?
M.C.: Oui il m’arrive de répondre à quelques sollicitations d’ailleurs. Il y a des choses en cours de préparation dont je ne peux pas parler pour l’instant.
– Tu communiques beaucoup avec tes fans via les réseaux sociaux, c’est important cette proximité?
M.C.: Les réseaux sociaux sont des passerelles qui permettent aux fans d’être au contact de l’actualité et du quotidien de l’artiste et je trouve que c’est une belle évolution car un artiste ne se limite pas qu’à sa musique. Ce qu’il y a de bien, c’est qu’ on garde quand même la liberté de mettre en ligne ou pas un événement de sa vie personnelle ou artistique.
On peut mesurer également l’impact d’une vidéo ou d’une chanson sur une partie de son auditoire et recevoir en direct des messages de fans qui sont à l’autre bout du monde et leur répondre instantanément…c’est génial!

– Tu leur as offert les photos de ton mariage avec Savanah, ta femme, et également tes joies de père. Ce partage intime est commun aux Etats-Unis mais plus rare aux Antilles, pourquoi?
M.C.: Ma vie personnelle est établie et je n’enlève pas mon alliance pour aller chanter Lol ! Donc, pourquoi cacher ou ne pas montrer un fait avéré et qui est déjà une évidence pour tous?
Pour moi il n’est pas question d’exhiber mais plus de faire savoir à mon public de manière mesurée ce qui se passe dans mon quotidien d’homme. Je suis un homme public et, à ce titre, je pense que c’est à moi d’informer mon public des grands événements et bouleversements de ma vie.
Et pour toute publication qui ne concerne pas que la musique, hormis les choses que je trouve drôle et les soutiens à des causes que j’estime nobles,  je consulte ma famille et nous prenons la décision de publier ou de ne pas mettre en ligne.

– Parle-nous un peu de Médhy au quotidien, est-il facile à vivre? Bricole-t-il? Fait-il la cuisine, le ménage? ;)))
M.C.: Je suis d’un naturel assez calme et jovial. J’aime bien bricoler mais je suis loin d’être un « Michel Morin » (Rires). Dans la cuisine je reste un artiste, je soigne le goût de mes plats et leur présentation. Côté ménage,  je mets la main à la pâte. J’aime la propreté et les espaces peu encombrés mais je m’octroie un petit droit au désordre dans mon bureau quand je suis très occupé ou à la bourre.
– Ton mot de la fin?

M.C.: Je tiens à remercier chacun et chacune d’entre vous du soutien et de la confiance que vous m’avez accordé jusque-là et depuis mes début il y a maintenant 15 ans. Pour 2015, je vous prépare des choses surprenantes qui, j’espère, trouverons crédit auprès de vous et afin que nous puissions vivre tout ça sereinement. Je vous souhaite à toutes et à tous la Santé, l’Amour et la Prospérité … BONNE ANNEE 2015 !!!! On est ensemble, on reste ensemble… One Love!

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Retrouvez Médhy Custos sur les réseaux sociaux

Twitter @medhycustosoffi

Facebook https://www.facebook.com/MEDHYCUSTOS

Instagram http://instagram.com/medhycustos

Comments

  1. Medhy Custos ou un artiste à découvrir, à redécouvrir, à connaître… Merci pour cet excellent article, merci pour le partage… Et comme nous sommes le 1er jour de cette année 2015, Bonne Année et Meilleurs Voeux à toute l’équipe de Frekans Zouk Magazine (Y)

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