KALASH:  » Yo paka voyé roch adan pié mango ki pa ka poté « !

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De ses années lycée où le jeune Kévin se cherchait, il ne reste qu’un caractère fermement trempé. Aujourd’hui, quand on parle de Kalash, on parle d’un homme qui a mûri, adulé par une horde de fans sur les réseaux sociaux et d’un artiste, conscient de sa valeur et près à en découdre avec le futur. Entretien avec l’un des artistes les plus talentueux de sa génération.

Bonjour Kalash, parle-nous un peu de tes débuts dans le dancehall, comment as-tu découvert cette fibre en toi?

Kalash: J’ai toujours aimé chanter et créer de la musique, je ne me suis jamais uniquement intéressé au reggae-dancehall , il m’a simplement parlé davantage lorsque j’ai découvert des artistes comme Admiral T, Daddy Pleen ou encore Bounty Killer. Mon père est un énorme fan de Bob Marley, il a habité en Jamaïque et m’a donc également transmis l’amour pour cette musique.

 

– Tu as étudié le piano classique, cela t’a-t’il aidé pour tes compos?

K: J’ai plutôt suivi quelques semaines de piano à coté de chez moi à Dillon (Martinique) et cela m’a donné une base que je n’ai jamais perdue, jusqu’à maintenant j’ai toujours un piano chez moi, je ne suis pas très doué mais je peux jouer n’importe quelle mélodie 🙂
Comment était le jeune Kevin? Sage? Studieux? Ou bien en as-tu fait voir des vertes et des pas mûres à tes parents?! 😉
K: Je n’étais pas le plus turbulent même si certains veulent me faire croire le contraire 🙂 , j’aimais traîner avec les plus grands, j’aimais aller à l’école mais pas en classe. Néanmoins, lorsqu’une matière ou un cour m’intéressait, j’y mettais beaucoup d’énergie! Comme chaque enfant, je préférais jouer plutôt qu’étudier. Les choses sont devenues plus compliquées vers mes 15/16 ans, âge de rébellion par excellence, mais je ne peux pas dire que mes parents ont eu le pire garçon! lol

– Tu as grandi dans une famille très croyante, cela a-t-il influencé ton style de vie? Faire de la musique dancehall était-il une échappatoire?

K: Ceci a changé ma vie à tout jamais. J’ai reçu une base indispensable à ma survie, je n’ai jamais été fan des samedis au Temple, ni des longs serments mais avec le temps je réalise que j’ai, malgré tout, reçu de très bons conseils qui m’aident à faire les bons choix dans des situations difficiles. La musique m’a plutôt aidé à trouver ma voix et à m’épanouir. Longtemps avant de faire de la musique, je n’allais déjà plus au Temple et ne pratiquais plus. Je garde tout de même une foi inébranlable en Dieu et c’est pour cela que je le chante souvent.

– Et Kévin devient Kalashnikov, la notoriété grandit underground et tu commences à fréquenter les sounds systems, à enregistrer des mixtapes… C’est à ce moment là que tu décides de devenir un pro?
K: Dès le premier jour où j’ai tenu un micro, je m’étais juré d’en faire mon métier à plein temps, peu importe l’avis de mes proches ou parents, j’ai donc tout abandonné pour me consacrer à ma passion.

– Tu faisais partie d’un crew à l’époque?
K: Je faisais partie du Manibians Crew que je salue au passage. Ils m’ont connu lors de ma periode SDF lol et m’ont beaucoup apporté, humainement et même musicalement.

– En 2009, tu sors ton premier album solo chez Chabine Prod et le titre « Pran pié » en feat avec Lieutenant fait l’effet dune bombe! T’attendais-tu à un tel succès pour un début au niveau du grand public?
K: Non, j’ai été très surpris du succès de ce morceau, je ne misais pas sur celui-ci et ce fut un plaisir de réaliser ce qui était en train de nous arriver. Lieutenant avait confiance en ce titre ainsi que Dj Gil, Dj Blue et mon manager de l’époque. Chabine Prod a eu l’oeil lol

– Une chanson aussi a marqué les esprits, « Mama », en hommage à ta mère. Est-elle fière de toi?
K: Ma mère me le dit souvent et je le vois dans ses yeux. Je suis très proche d’elle et nous savons ce que nous avons traversé mais tout ceci est derrière nous. Elle sait qu’elle peut compter sur moi en toutes circonstances. Mon père aussi est très fier et nous échangeons souvent au sujet de musique, de concerts, de projets. C’est très agréable d’avoir des parents qui finalement t’encouragent à aller plus loin dans un metier qui n’est pas forcément bien vu.

– « Mama » a aussi montré que Kalash pouvait alterner titres Dancehall et Lovers avec succès, c’est ta marque de fabrique?
K: Ceci a toujours été fait dans le dancehall jamaïcain et même français, Admiral T par exemple avait déjà fait « Sucre d’Orge » qui fut un succès. Il est vrai que Mama est arrivé à une période où les artistes sortaient plutôt des titres festifs avec beaucoup d’énergie donc ça a surpris tout le monde, le message aussi a touché un public assez large. J’aime changer de style à chaque morceaux, je ne sors jamais deux fois le même style de son car j’aime me surprendre moi-même et surprendre ceux qui m’écoutent.
– Tu navigues aussi facilement entre titres « commerciaux » et « underground ». Quand tu crées, sais-tu quelle population tu vas viser? Et pourquoi?
K: Je pense savoir mais je suis souvent surpris, un titre comme « croisées » a touché énormément de personnes, et toutes générations confondues, mon fils chante ce morceau tout le temps, certains amis me disent que leurs parents adorent ce titre, enfin, je ne m’y attendais pas du tout sur le coup, j’enregistre avant tout ce qui me plait et ensuite on voit ce que l’ont en fait!

– Tu as une tessiture exceptionnelle, qui va quasiment du soprane au baryton léger, tu as travaillé cette capacité?
K : Je n’ai pas pris de cours mais je pense que le fait de chanter tout le temps et depuis de nombreuses années fait travailler la voix et je me rend compte d’année en année que j’arrive à toucher certaines notes que je ne pouvais atteindre avant.
– On ne va pas énumérer tous tes hits entre 2009 et aujourd’hui, il y en a plus de 25!! Apparemment tu n’as aucun échec, tout ce que Kalash touche se transforme donc en Or?
K: En or lol ? Non, tout n’a pas marché mais je suis quand même très heureux de ce petit bout de chemin, je le fait vraiment avec le coeur, dans le seul but de créer de la bonne musique et faire kiffer les gens, bien sûr c’est mon métier alors le bizness c’est le bizness! lol

– Ce succès amène-t-il des jalousies parmi les autres artistes dancehall?
K : Evidemment lol , j’entend beaucoup de choses mais ce n’est pas ce qu’il y a de plus important, comme on dit «  Yo paka voyé roch adan pié mango ki pa ka poté « , il faut en vouloir au public pas à moi, c’est le public qui choisit! lol

– Ton deuxième album, 2#Classic, d’où sont issus notamment « Independant Gyal » et « Plézi » a connu un énorme succès et vient d’être couronné « Album de l’Année 2014 » aux INDIES LIVE MUSIC AWARDS et aux ARTS & MODE AWARDS et toi deux fois « Artiste de l’Année », une juste consécration?
K : Je suis très fier de ces deux prix, les artistes nominés dans ces catégories à mes côtés sont aussi très méritants et bourrés de talent. Je ne ferai pas de fausse modestie, je pense vraiment que c’est une juste consécration, on ne l’a pas volé! 🙂


– 2014 est aussi l’année où tu crées ta société de production, K-Ing Empire, et tu démarres avec un hit des vacances « Laisse brûler » et un superbe clip signé Chris Macari. Parle-nous de la création de « Laisse Brûler » et du sens de cette chanson.
K: L’instrumental de « Laisse Brûler » a été fait par Cisko , le musicien/ingénieur avec qui je travaille lorsque je suis à Paris. Je cherchais à faire un son différent et ce qu’il m’a proposé était parfaitement ce qu’il me fallait, j’ai donc enregistré le titre et clippé avec Chris, c’était notre première collaboration. Le titre est festif et est un mélange de pure dancehall à l’ancienne et aussi futuriste. C’est en effet le premier son que j ai sorti depuis la création de ma société K-Ing Empire que je dirige avec ma fiancée Ingrid.


– Tu embrayes derrière avec un « 4 croisées » donc, très spirituel, qui truste les ondes et surtout « Chanson du Mwaka » qui nous montre un Kalash très engagé, avec un texte très fort. D’où te viennent ces inspirations?
K: J’ai toujours aimé la vibe hip-hop mais j’ai vraiment été plongé dedans à New-York, lors de mon séjour en juillet dernier. Je n’avais jamais ressenti ça à ce niveau. En quittant Manhattan, je n’avais qu’une seule idée en tête: entrer en studio et bousiller des prods hip-hop!! J’ai donc enregistré « croisées » suivi de « Chanson du Mwaka« . L’inspiration vient toujours de Dieu et de ce qu’il me permet de vivre et de voir.

– Tu as un nombre incroyable de fans, tous tes faits et gestes sont observés. Cette énorme notoriété s’accompagne-t’elle aussi d’inconvénients? Trouves-tu que, des fois, tout cela va trop loin? Penses-tu aussi que tu en dis trop sur toi sur Twitter ou Instagram?

K: Avec le temps, j’ai appris à gérer tout ça, cela fait désormais partie de mon quotidien donc j’adapte mon mode de vie. Sur Twitter, j’en dis moins que sur Instagram lol ! Les photos sont plus parlantes que les mots parfois mais je fais quand même preuve de pudeur, je ne dévoile pas toute ma vie,  je partage avec le public quelques bons petits moments par exemple, mais pas de choses trop « tape-à-l’oeil « , je pense qu’il est quand même important de partager un minimum avec le public et je n’ai aucun problème avec ça .
Il y a, bien sûr, des inconvénients dans tout ça mais ce ne sont pas les choses les plus importantes .

– Tu es ultra-actif sur les réseaux sociaux, un besoin de compenser une timidité latente ou un désir d’expression forcené? 😉

K: J’aime m’exprimer quand je veux, j’ai donc le contrôle de mes réseaux, bien sûr tout cela est aussi géré par mon équipe mais je fais ce que je veux dans la limite du raisonnable lol . Ne soyez donc pas étonné d’assister à quelques accrochages de temps en temps !

 

– Parle-nous du concept General Crew. Qui le compose exactement et comment est née cette idée?

K: Le General Crew est une secte ! Non je rigole loool , c’est une famille tout simplement, il n’y a pas de casting pour y rentrer car il s’est formé tout naturellement, sans but précis. Juste des personnes qui s’aiment et se respectent en toutes circonstances. On me demande souvent comment faire pour y entrer mais il n’y a pas de carte d’adhérent lol , quand tu y es tu y es.

 

– Tes trois derniers titres sont dans les meilleures ventes digitales, c’est un bon baromètre pour toi?

K: C’est toujours bon à prendre, ça me permet d’analyser l’engouement autour des nouvelles sorties mais je vois également quel titre y reste et quel titre est vite éjecté. « Chanson Du Mwaka » y est numéro 1 depuis sa sortie, je réalise donc que ce son est beaucoup apprécié et téléchargé légalement … Ou pas!

 


– Ton dernier titre, My Son, est une lettre ouverte à ton fils Ethan. Tu regrettes ton absence auprès de lui dans cette chanson. Est-ce un message que tu lui laisses pour qu’il comprenne mieux son papa?

K: J’avais déjà écrit un titre à mon fils mais je ne l’ai jamais sorti. Lorsque je suis rentré en studio pour ce projet de Scorblaz je ne me suis pas dis  » Tiens je vais poser un son pour Ethan « , c’est venu comme ça et les mots ont coulé naturellement. Dans ce morceau je ne regrette rien car j’assume mes choix, mon fils est intelligent, il a compris que mon métier m’engage souvent ailleurs et nous passons le maximum de temps ensemble. J’espère bien sûr qu’il sera encore plus fier de moi lorsqu’il sera grand, c’est une très grande fierté pour moi de l’entendre déjà, à son âge, chanter mes morceaux et me les réclamer. J’espère simplement que, tout comme moi, il trouve sa voie et s’épanouisse dedans.

– Quelle est la famille idéale pour toi?

K: Je n’ai pas vraiment de type de famille, pour moi la famille ça peut être des personnes de même sang ou pas, une fois que la solidarité et le respect règnent, c est la famille !

– Comment te vois-tu dans 20 ans?
K : Vivant, riche et entouré des gens que j’aime! 🙂
– Et enfin la grande question que tous les fans se posent: à quand le prochain album de Kalash???!
K: Je passe beaucoup de temps en studio mais c’est une surprise!
– Un dernier mot pour les lecteurs de FrekansZouk Magazine:
K: Merci d’être là, que Dieu vous bénisse et prenez soin de vous.

 

 

Kalash sur la Toile

Site Officiel : www.kalash972.com

Twitter : @kalash972

Facebook : OfficielKalash

Instagram : @kalash972

 

Comments

  1. sincèrement je suis très fana de lui j’adore tout ses sons et je trouve que se qu’il dit a travers les parole des musique c’est la pure vérité donc kalash on attend tes nouveau son pour 2015 et bon courage et félicitation

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  2. Quel grand homme, tout simplement fan, un artiste pas comme les autres( proche de son public, humble, talentueux, respectueux).
    J’espère que dieu continuera à lui donner la force, la santé pour pouvoir faire ce métier. Sa musique me réconforte quand je ne vais pas bien c’est comme une sorte de thérapie ( mon bonheur, ma joie). Continue ainsi.
    Never Give Up mon kalashou d’amour ❤

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  3. c bien continu ton chemin t’es tres doué j’aime

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  4. Une comète musical qui surprends à chacun de ses morceaux!!!!!Grand Kiff pour mes Oreilles…En boucle at Home,ma puce de 4 ans est fan « Maman stp mets Kalash » lol ma coquine doudou.
    Guidance l’Artiste

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  5. sarahmourgues says:

    Vraiment, y a pas de mot, Kalash est un artiste un vrai bourré de talent, et perso chaque fois qu’il passera par chez moi dans le mesure du plus que possible je me déplace il mérite vraiment tous ce qu’il a ! J’espère que cela va continuer comme ça parce que la seule chose qui y a a dire c’est MERCI ! ❤

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