CHAMELEE PYAR: « Beaucoup de «fauxtographes» jouent sur la crédulité des jeunes femmes! »

 

Georges-Emmanuel Arnaud - MUA Stéphanie Montlouis-Calixte

Georges-Emmanuel Arnaud – MUA Stéphanie Montlouis-Calixte

Chamelee Pyar est une jeune mannequin-modèle venue de la Martinique. Malgré son jeune âge, elle a déjà acquis une solide expérience des shootings et défilés depuis sa première expérience en 2007! Une connaissance du secteur qu’elle offre sans retenue aux jeunes femmes désireuses de pratiquer cette passion et qui n’ont, très souvent, aucune idée de la manière de l’aborder. Rencontre avec une mannequin très professionnelle qui a la tête sur les épaules.

Bonjour Chamelee Pyar, présente-toi aux lecteurs de FZM…

Chamelee Pyar: Bonjour ! Je suis Chamelee Pyar et je suis une vieille de chez vieille lol (j’ai 27 ans). J’évolue dans l’univers de la mode depuis 2007. J’ai commencé par être repéré par un photographe de l’île de la Martinique. Depuis, de fil en aiguille j’ai pu travailler avec des stylistes, maquilleuses et photographes de Martinique, Guadeloupe mais aussi de France. J’ai effectué diverses publicités, poser pour Créola, Guide Shopping, Amina, Tropics Magazine, Intuition, JOHO, Black & Blue, Miss Ebène ou It’s My Hair Magazine. J’apparais aussi régulièrement dans le quotidien local martiniquais dans le cadre d’articles de presse/reportages photos concernant les manifestations liées à la mode tels que Les Premières de la Mode et divers défilés de créateurs locaux. Je suis également l’égérie Martiniquaise de la créatrice Jessica Jordan.
En 2013, lors de mon fashion trip à Paris j’ai pu décrocher divers contrats et collaborations notamment avec Joel Dart (photographe pour L’Oréal) et Haydée Ferreira (maquilleuse professionnelle) pour les visuels d’un Spa de luxe, Mario Epanya (pour les créations de Aflé Bijoux), Aidan Nworks, Andry H… J’ai également participé à des défilés lors de la fashion week parisienne mais aussi aux défilés de la 1ere édition du salon Afro Wedding.
J’ai fini par être l’un des visages de la campagne 2014 de l’événement Nappy Days à Paris. En octobre 2014, j’ai foulé le podium du Pavillon Cambon lors de la Black Fashion Week Parisienne.
– Que signifie ton pseudo Chamelee Pyar? D’où vient-il?

CP: Chamelee Pyar est un pseudo mûrement réfléchi que j’ai eu l’idée de prendre lorsque j’ai commencé dans la mode afin de dissocier cette partie de ma vie de celle qui est privée. Etant donné que j’ai des origines indiennes, je suis allé piocher dans la langue Hindi. Chamelee (vraie écriture chameli चमेली) signifie Jasmin et Pyar (vraie écriture प्यार Pyāra) veut dire Amour. Il faut savoir que le jasmin est la fleur de l’amour et aussi des tentations.

– Comment passe-t-on de l’Histoire-Géographie au mannequinat?! Tu as même enseigné, il parait?

CP: Mais j’enseigne toujours ! lol Le mannequinât est vraiment dû au hasard. Ceux qui m’ont connu au collège/lycée savent combien je reviens de loin (j’avais un style plutôt garçon assez introvertie que girly et extravertie). Comme je l’ai précisé plus haut, c’est le fait d’une rencontre avec un photographe qui m’a repérée à l’époque. Il s’agit de Shawn. Ensuite il m’a présenté à Micha, puis ce dernier m’a présenté à Jeff et ainsi de suite. Pareil pour les défilés. C’est vraiment de fil en aiguille. Ici, en Martinique, le milieu de la mode est assez étroit. Quand un nouveau mannequin apparait tout le monde le sait. Le téléphone antillais est plus efficace que le téléphone arabe! Je me suis toujours montré respectueuse et professionnelle. Pas de retard, pas de « lapin »! C’est exclu de mon vocabulaire. Je pense que c’est cela qui a plu aux différents acteurs de la mode avec qui j’ai travaillé.

– Qui est Chamelee Pyar au quotidien?
CP: Justement au quotidien je ne suis pas Chamelee Pyar. J’utilise mon vrai nom que seuls mes proches connaissent. Chamelee Pyar est un personnage, une partie de moi dédiée à la Mode. Donc au quotidien, je suis assez sérieuse, rigoureuse. Je laisse la partie mannequin de côté pour m’occuper des autres, d’autrui.

– Plutôt Cocooning ou Party Time? 

CP: Et bien tout dépend… Je me considère comme une personne associable sociabilisée. Je m’explique: j’aime énormément être seule car je n’ai pas de frein. Je fais ce que je veux au rythme qui me convient (et je suis assez « speed »). Mais je ne peux pas parler de cocooning car je bouge beaucoup mais pas forcément en soirée. Je shoot beaucoup où j’organise des shoot, j’ai des défilés, des prestations et en plus je dois préparer mon travail. Souvent je ne vois pas mes amis car je suis déjà bookée. Au fond cela m’embête car après je vois leurs photos de soirée sur le net et je me dis « mince j’aurais pu être là » mais bon la mode est une passion qui me prend beaucoup de place. Par contre quand j’arrive à sortir je sais m’amuser ! Et ça fait toujours plaisir de partager des moments avec ceux qu’on aime.

– Plutôt restaurant ou petits plats mijotés?

CP: Je préfère les petits plats mijotés car je sais ce qu’il y a dedans. Je suis allergique à beaucoup d’aliments. Souvent au restaurant, je prends la même chose car j’ai toujours peur qu’il y ait des œufs ou d’autres trucs auquels je suis allergique.

– Plutôt TV ou lecture? Quel est le dernier film que tu aies vu? Le dernier livre lu?

CP: Je suis moitié/moitié. J’aime bien regarder la TV après une journée de boulot pour me vider la tête et me détendre lol. J’aime beaucoup lire aussi mais je lis beaucoup de choses liées à l’éducation ou la spiritualité.
Côté film, dernièrement je suis allé voir INVINCIBLE, le dernier film dirigé par Angélina Jolie. Une vraie leçon de vie. Beaucoup ont pleuré. Moi je suis sortie de la salle remontée à bloc rempli de positivité. C’est l’histoire d’un athlète olympique, Louis Zamperini, enrôlé dans l’armée américaine sur la base d’Hawaï lors de la seconde guerre mondiale. Il a survécu à des attaques de l’ennemi, un amerrissage raté en plein océan et à un camp de prisonniers tenu par les japonais. J’ai vu dans cette histoire une belle preuve de courage, de respect et de sacrifice. Après tout ce qu’il a enduré il a su rester stoïque humble et pardonner à ses geôliers. Cette phrase m’a marqué : « UN INSTANT DE DOULEUR PEUT MENER VERS UNE VIE DE GLOIRE… »
Côté livre, je lis en ce moment la Bhagavad Gita qui est un des textes fondamentaux de l’Hindouisme.

Miguel Charles - MUA Bénédicte Guillaume

Miguel Charles – MUA Bénédicte Guillaume

– Tu évolues dans le milieu du mannequinat depuis 8 ans, février 2007 plus précisément, cela fait de toi l’une des plus expérimentées de ta génération?

CP: Ouah vous connaissez même le mois ! lol Je suis expérimentée certes mais à l’échelle locale. Quand j’ai effectué mon premier fashion trip sur paris en 2013 j’ai pris une claque ! J’ai connu des techniques de poses qu’on ne retrouve pas en Martinique. J’étais vraiment à un niveau international et ce fut très dur de m’adapter. Mais je l’ai fait et ce fut une belle expérience qui m’a renforcé. Par contre si on doit examiner l’expérience des mannequins de ma génération, El’SimplyDiva est l’une des meilleures.

– On peut dire aussi que tu as travaillé avec tous les bons photographes de la Martinique! 

CP: Oui mais il en reste quand même avec qui je n’ai pas travaillé dont Didier Gustave, Henri Salomon ou Matthieu Guittaud. Mais étant donné que je ne shoot pas que pour avoir de belles photos (il y a toujours un projet artistique derrière), j’attends que l’on me propose quelque chose de carré ou alors c’est moi qui sollicite si jamais le projet cadre avec l’univers artistique du photographe.


– En tout cas, tu sembles incontournable! Pourquoi te choisit-on, selon toi? Quelles sont tes qualités, professionnellement parlant?

CP: Je suis sérieuse dans ce que je fais. Je suis respectueuse, patiente, je ne me plainds pas et j’assure le travail qui m’est demandé avec le sourire et bonne humeur. Je ne vais pas à un casting sans sous-vêtements de rechange, sans être épilé, sans un minimum de mise en beauté (pas trop car il faut voir le côté naturel) et surtout je n’oublie JAMAIS mes talons! Et puis avec le temps j’ai acquis une certaine aisance qui fait qu’il n’y a pas de perte de temps au niveau de la posture à avoir lors des shootings photos ou de défilés. J’écoute ce que l’on me dit, j’exécute ce que le photographe ou le directeur artistique demandent. Je m’adapte très rapidement aux exigences. Vous voulez du glamour ? Du sauvage ? Du mystérieux ? De la joie ? Pas de problème! En plus mon visage est assez transformable selon le make-up réalisé. Mes yeux en amandes sont faciles à travailler. En fait je suis une sorte de caméléon.

TRG Prod- Black Fashion Week 2014 créatrice Adama Paris

TRG Prod- Black Fashion Week 2014 créatrice Adama Paris

– Serais-tu l’un des rares Top Model locales?

CP: Top model locale ? Si l’on s’en tient à la définition du top model qui est l’élite des mannequins et qui sont payé des fortunes, je ne pense pas non. Je suis expérimentée mais il n’y a pas d’élite ici en Martinique. Je continue à être demandé car je suis assez active sur les réseaux sociaux mais le jour où je ferme mes comptes je pense qu’on m’oubliera lol

– Sais-tu combien de shootings et de défilés sont à ton actif?

CP: Houla! Franchement, je ne sais pas du tout ! Au bout d’un moment on ne compte plus…

– As-tu déjà eu l’opportunité de travailler sur la Guyane ou la Guadeloupe?

CP: J’ai déjà travaillé en Guadeloupe dans le cadre d’un shooting pour Créola (car malheureusement ici pour poser pour ce magazine il faut faire une élection bien précise. Et je trouve cela dommage car il y a beaucoup de news faces ou même de mannequins expérimentés qui pourraient aussi y être publiés comme ce qui se fait dans l’île sœur ou en Guyane. Je tiens d’ailleurs à saluer l’initiative de Mario Gilbert dit D-Eye et de l’équipe MALT qui effectue un beau travail pour le Hors-Série Mode de Créola Martinique. Cela permet de montrer des news faces mais aussi une autre vision de la mode plutôt internationale). J’ai aussi shooté en Guadeloupe pour un calendrier ainsi que pour de nombreux photographes locaux. J’ai hâte d’y retourner car j’ai mûri artistiquement parlant depuis la dernière fois que j’y suis allé. La Guyane ? Je n’y suis pas encore allée malheureusement mais cela se fera…

– Tu as récemment défilé pour de grands couturier lors de la Fashion Week 2013 de Paris, parle-nous de cette opportunité, comment est-ce arrivé?

CP: Alors il faut savoir que j’ai défilé certes durant la Fashion Week 2013 de Paris mais plutôt lors d’une manifestation appelée Tiffany’s Fashion Week qui a eu lieu à l’hôtel Marriott sur les Champs-Elysées. Cette année-là j’avais décidé de tester Paris juste par défi personnel. J’ai fouillé sur le net à la recherche de castings ouverts aux filles sans agence. Et je suis tombé sur le casting de la TFW. J’y suis allé. J’avais mon sac avec tout le nécessaire qu’un mannequin pro doit avoir lol. Non mais j’avais la totale : mon book, mes composites, mes talons, vêtements de rechanges, sous-vêtements de rechange, serviette… J’ai donné ma meilleure démarche et la directrice artistique m’a retenu ! J’ai pu défiler pour Giovany Lo Pressi, Tehra Pilar, Sushma Patel, ou Berny Martin.

– Quel souvenir cela t’a-t-il laissé?

CP: Ce fut une belle expérience qui m’a montré combien l’anglais et le relationnel est important dans ce milieu. A partir de là, j’ai eu certains contacts et j’ai pu faire d’autres défilés notamment à l’Afro Wedding et poser pour de très bons photographes sur Paris.
En 2014 je suis retourné sur la Capitale pour faire la Black Fashion Week. Ce fut tout aussi enrichissant. Ce sont des défis personnels qui me stimulent dans ma vie de tous les jours également. Ça forge le caractère et ça développe l’esprit de débrouillardise.

Mario Epanya - MUA Valérie Blacodon - Aflé Bijoux

Mario Epanya – MUA Valérie Blacodon – Aflé Bijoux

– Tu as le potentiel pour percer au niveau international… c’est prévu pour quand? 

CP: Je n’aspire pas vraiment à l’international. Je veux rester dans la sphère où je fais ce que je veux et je décide plus ou moins avec qui bosser. Mes fashion trips me permettent de me confronter à la réalité du terrain et d’apprendre sans cesse de nouvelles techniques, de recevoir des conseils précieux de professionnels travaillant à un niveau international. Le mannequinât est une passion qui m’aide certes à combler les fins de mois mais cela reste une activité que je fais sur mon temps libre. Je serai très prochainement en agence internationale (c’est en cours) mais je tiens tout de même à ma liberté de mouvement. Mon prochain défi : faire un défilé de Haute Couture International.

– Que penses-tu de la vulgarisation des shootings enclenchée par le boom de la photographie sur les réseaux sociaux?

CP: Il y a du bon mais beaucoup de mauvais… Les jeunes filles qui arrivent sur le marché se prennent, pour la grande majorité, pour des stars. Elles créent des pages avec 2 ou 3 photos à peine potables où les poses sont à chier (oui je le dis « à chier ») à la limite de la vulgarité et hop ça se dit mannequin. Elles ne réfléchissent pas toujours à quelle image elles véhiculent et beaucoup de « fauxtographes » jouent sur leur crédulité pour les shooter dans des postures peu glorieuses et après elles s’étonnent que les vrais pros ne veulent pas d’elles. Elles se grillent dès le départ. C’est pour cela que j’incite celles qui viennent me parler en privé à bien analyser ce qu’elles veulent. Quelle est la démarche artistique qu’elles veulent suivre. Je n’avais personne en 2007 mais j’ai eu de la chance et surtout j’ai toujours fait attention à mon image, aux poses, je vérifiais la qualité du travail du photographe avant de dire oui et surtout je me renseignais sur sa réputation (je le fais toujours. Ça doit être systématique). J’ai commencé avec de très bons photographes qui se connaissaient ça m’a facilité la tâche. Aujourd’hui, les mannequins/modèles débutantes doivent redoubler de vigilance pour ne pas tomber sur des pervers ou des photographes styles photos niveau touristes sans profondeur. Si elles veulent se construire un bon book et faire de bonnes collaborations il y a des groupes facebook où je les encourage à s’inscrire comme MoDe And ArT IN PrOgReSS iN MaDiNiNa. Et surtout arrêtez de faire des photos juste pour avoir vos fesses sur facebook et susciter des likes !

– Comment fait-on la différence entre un bon et un mauvais mannequin-modèle?

CP: Le mauvais mannequin-modèle ne respecte pas les horaires, arrive en retard systématiquement, se fou de l’équipe mobilisée. Il/Elle se repose sur ses lauriers et ne prend aucune initiative. A la base si vous avez à travailler avec des mannequins-modèles de ce type : FUYEZ ET NEXTEZ ! Car plus vous passerez sur ces caprices, plus ils/elles prendront la grosse tête et se sentiront indispensable.
Un bon mannequin-modèle est à l’heure et est respectueux(se). Il/Elle pose des questions afin de cerner les attentes du photographe ou du directeur artistique. Il/Elle prend des initiatives (même si il/elle débute il ne faut pas débarquer sur un shooting sans préparation. Pareil pour les défilés. Tout est question d’entrainement). Il/Elle se documente, regarde les fashion tv, les sites web, s’imprègne de tout ce qu’il/elle voit en matière de mode, poses etc…

– Quels conseils pourrais-tu donner aux aspirantes mannequins?

CP: Surtout ne dites pas oui à tout. Sachez vous poser des limites afin de ne pas regretter une pose ou un cliché. Et surtout travaillez avec des gens de qualité.

– Le mot de la fin?

CP: Ne vous rabaissez pas pour faire plaisir mais élevez-vous pour votre propre avenir

 

Chamelee sur la Toile :

http://www.chamelee-pyar.book.fr

http://www.facebook.com/ChameleePyarOfficial

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