ALAIN AJAX DES 12 SALOPARDS : « Je suis le premier des Salopards! ;) « 

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 Alain Ajax a un visage angélique, mais il incarne à lui seul un redoutable concept, celui des 12 Salopards, groupe mythique du Carnaval qui s’est taillé une (grosse) part du lion du Carnaval de Rue en tapant là où ça fait mal (ou pas): sous la ceinture 😉 . Mais il serait dommage de réduire les 12 Salopards à leur passion pour la « vacabonagerie » comme ils disent, ils ont aussi crée des chansons de Noel, un meddley de chansons enfantine, et plusieurs zouk love dont le mythique « Ozé Ricoumencé » d’Alain Ajax et Laura Beaudi. Retour sur 20 ans de carrière pour un gentil et talentueux Salopard…

 

– Bonjour Alain AJAX, tu as crée Les 12 Salopards en 1993, au studio de Joel Zabulon, dans le but de chambouler le Carnaval antillais, as-tu réussi ton coup?
Alain AJAX: LE LONG DU COUP oui j’ai réussi mon coup  loool
– C’est vrai que c’est le film « Les 12 Salopards » qui a donné son nom au concept?
AA : Oui effectivement c’est un film que j’aime beaucoup, que je regardais souvent étant petit. J’aimais beaucoup cet acteur, Charles Bronson. C’était « le film du dimanche » pour moi, mais surtout, avec l’esprit du film, nous avons réussi à investir le carnaval made in martinique!

– Du coup, tu as dû choisir 11 autres artistes, ça n’a pas été trop dur?

AA : Ben non, pas du tout! Disons que je l’ai fait au feeling et au ressenti, avec le concours également de Landry Lesueur qui m’a permis de connaitre Willy Choux alias GENERAL WILL et aussi Laura Beaudi, après les gens comme Marc-Michel Chonquet, Master Mx, Guy Suivant, je les connaissais déjà un peu pour les avoir croisé en studio et par le biais du concours JM Harmony. Mais surtout, je voulais vraiment avoir  des mecs et des filles de mentalités différentes, mais avec quand même comme devise l’humilité, la joie, la sincérité et la vacabonagerie saine lol

– le premier album sort pour le Carnaval 1995, cela fait déjà 20 ans! 

AA : Oui, premier album sorti en février 1995, c’était un Maxi single 3 titres produit par le défunt Gilles Devis qui nous a vraiment fait confiance et nous a tendu la main pour ce premier CD, et oui c’est vrai ça fait 20 ans et vous voyez on a encore toute la vie devant nous! lol

– Pourquoi opter d’entrée sur un registre aussi « osé » pour l’époque?

AA : Le fait de créer un concept comme celui-là s’est fait en totale insouciance, moi je voulais simplement retrouver le cote roots ghetto, le coté pur de la rue! Il est vrai que Papillon Volé ce n’était pas trop mon truc! Je voulais faire autrement et avoir mon propre style.

– Et les tenues militaires? Qui en a eu l’idée?
AA: Les tenues militaires, ben vous aurez compris que c’est aussi par rapport au film les 12 salopards, un film de guerre 😉
– Vous intégrez ensuite la production de Michel Linerol pour sortir 3 albums avec les hits « Ozé rikoumansé » et « Déchirance »… Démarrer avec des hits, ça aide!
AA : Des hits, je ne savais vraiment pas que ces titres seraient devenus des hits! Alors vraiment pas! lol Je ne peux pas l’expliquer et c’est ça la magie de la musique, je savais ce que je voulais faire mais de la à penser que cela deviendrait aussi populaire et aurait eu autant de succès, non, je m’en doutais pas.

– Le public a tout de suite accroché au concept?
AA : Pour ma part, vis-à-vis du public, je l’ai vécu en étant encore à l’école et qui plus est, au Couvent de Cluny, oui oui 😉 , mais je peux dire que le public a adhéré très vite au concept, même si l’on ne s’est pas tout de suite rendu compte du succès et de l’ampleur que cela prenait.
– Tu ne l’as pas caché: « Ozé ricoumensé » etait un duo aussi bien à l’écran qu’à la ville à l’époque avec Laura Beaudy, ça a aidé à faire fonctionner ce titre?
AA : Avec Laura, je m’entendais parfaitement bien musicalement, on se comprenait et elle a su me cerner assez rapidement. Les choses se sont faites toutes seules, Ozé ricoumencé  est une chanson  de Joël Zabulon qui parlait de la nature à la base, il faut le savoir, et c’est Laura qui l’a transformé en chanson d’amour. Nous avons enregistré ce titre à 4h00 du matin, en ce qui concerne la partie chant, des moments inoubliables au studio avec Joel Zabulon, Jean-Pierre Zabulon, Frédéric Caracas!
– Le succès du titre « Ozé rikoumansé » est aussi dû un peu au petit cri que tu poussais dedans! Tu avais déjà compris le principe du buzz! lol – D’où sort ce cri?!!
AA : Ouawww le cri, le fameux cri! Ça vient du fait que j’écoutais beaucoup les chansons d’Aaron Neville des Nevilles Brothers! Pour ceux qui connaissent ses chansons, ils comprendront, c’est un chanteur américain que j’apprécie beaucoup et j’ai essayé aussi d’y mettre mon grain de sel!
– En 1998, vous changez de production pour passer chez Granier Music… L’herbe était plus verte chez Mano? lol
AA : Je ne me rappelle même plus comment cela s’est passé en réalité, le fait que l’on enregistre avec Granier music. On a enregistré 2 opus avec lui, l’album Toujou klikli et La Soussance.
– C’est en 2002 que vous prenez vos propres rênes en main et que ZoukPlay devient le producteur des 12 Salopards.
AA : Nous commençons à nous produire nous-même en fait réellement en 2000, c’est en 2000 que naît Zoukplay Production. Le premier album des 12 salopards que nous produisons est l’album 12 SALOPARDS THX avec des titres Comme Page 69 et Pookemoon.

– Vous vous êtes aussi diversifié avec des titres de Noel et aussi un meddley pour enfant. C’était pour toucher de nouveaux public?
AA : Le titre Ozé ricoumencé avait déjà désorienté certains détracteurs qui pensaient que l’on ne pouvait faire uniquement que des titres de carnaval, c’est pour cela que nous n’avons pas hésité à penser aux plus petits avec des titres comme Kartoons Story et aussi effectivement des titres de noël comme Jono Pa Fè Manie sous la houlette de Jean-Luc Bougrainville ou encore Nwel swé avec notre grand complice guadeloupéen Fréderic Caracas  et aussi Joel Zabulon.

– L’histoire des 12 Salopards est parsemée de scandales, évidemment vu le coté trash de certaines chansons. Vous vous êtes faits beaucoup d’ennemis?
AA : Des ennemis pas au niveau de la masse populaire, et puis je ne sais pas si on peut appeler ces gens des ennemis, je dirais que ce sont plus des gens qui n’appréciaient pas notre musique, notre concept ou peut-être des gens que l’on dérangeait…
– Vous avez, et vous êtes toujours, boycottés par certains médias, est-ce par frilosité ou hypocrisie?
AA : Je dirais qu’en général on a pas été vraiment boycotté par les médias, pas réellement. Maintenant, le copinage fonctionne peut-être un peu plus, certains qui sont à la tête de certains médias privilégient des fois leurs amis,  leurs copains mais bon le public n’est plus dupe et voit bien lorsque l’on veut lui faire avaler des couleuvres …
– Vous avez aussi été interdits de séjour dans la Ville de Rivière-Pilote, dit-on… Ça va mieux maintenant?
AA: Ah non! Rivière-Pilote, je crois, est la commune où l’on a le plus chanté et même cette année 1995 où le maire de l’époque voulait faire partie des 12 Salopards mais, malheureusement  pour lui, on ne voulait pas d’un Salopard de plus! Il voulait être le 13ème mais 12 cela nous suffisait! lol
– En 2006, Landry Lesieur nous sort « Le 13e Salopard », qui a causé quelques troubles chez les fans, c’est de l’histoire ancienne?
AA : Landry voulait certainement devenir maire de la commune de Rivière-Pilote lol ! Non mais ça va très bien avec Landry, il a été là dès le début. Il a beaucoup fait pour les 12 salopards,  tout comme Guy Suivant  et tous les autres…
– Les 12 Salopards n’ont jamais été reconnu par les « professionnels de la profession » malgré le succès, tu le regrettes?
AA : Nous avons fait partie des nominés pour la Catégorie Meilleur Zouk de l’année 1995 avec le titre Ozé ricoumencé quand même. Je pense que c’est surtout le nom 12 Salopards qui dérange mais cela n’a jamais été un problème pour nous et puis il faut dire aussi que notre répertoire était fait de beaucoup de reprises, de meddleys donc ça peut se comprendre.
– 2015, vous sortez X-Bandables, on revient à un grand film américain, c’est la renaissance des 12 Salopards?
AA : X Bandables annonce surtout l’Album Anniversaire des 20 ans  fin 2015, avec certainement de nouvelles têtes, et puis des surprises et certainement qu’un jour il nous faudra penser à arrêter et laisser la place aux autres …

– Qu’en est-il de la disparition de Guy Suivant dans les 12 Salopards? Il a quitté le groupe?
AA : Concernant Guy Suivant, il n’a pas quitté le groupe tout comme  Marc-Michel Chonquet, Mathieu Eloto, Mathieu Marie-Louise, Général Will. Ils ont aussi des projets à eux qu’ils mènent à bien.
– Tu es donc le dernier des Salopards?
AA: Le dernier? Non le premier! Et puis il faut dire que les 12 salopards c’est un concept au sein duquel il y a plein d’invités, c’est une sorte de plaque tournante, où les musiciens comme Frédéric  Caracas, Christian Louiset, Laurent Leduc, Lifeboat… sont considérés comme membres du groupe, pour moi.
– 20 ans après, est-ce que les 12 Salopards n’ont pas mal vieilli?
AA : Tout le monde vieillit, je dirais qu’il nous reste vraiment une chose à faire c’est un grand live pour nos fans, mais un live bien préparé, bien structuré, avec tous les premiers membres des 12 Salopards.
– Parlons un peu de toi. Alain Ajax est l’un des meilleurs chanteurs de sa génération. Pourquoi n’a-t-il pas encore explosé?
AA : Moi je ne recherche pas le succès, le vedettariat. Je me suis plus préoccupé de faire connaitre et évoluer les  autres  que moi-même. C’est ce travail-là, que l’on a fait Guy Suivant et moi, au niveau de Zoukplay Production: faire découvrir des artistes comme Syron, Lifeboat, Valley, Djo black, Bruno Bias, Jean-Marie Ragald, Célia Guitteaud… etc etc…
– Tu as fait les beaux jours du groupe MKG avant de claquer la porte, un peu de ras-le-bol de faire le choriste?
AA : Non avec MKG,  je pense qu’il fallait, là encore, peut-être, laisser la place aux autres, puisque, les trois chanteurs je le rappelle, Valérie Ragoo, Philippe Rastocle et moi sommes partis en même temps… Choriste, j’adore cela faire des chœurs, je dirais que c’est plus le public qui en avait marre de me voir uniquement en tant que choriste!
– On t’a souvent rencontré dans des duos qui ont été des énormes hits (Céline, Ozé ricoumensé, Freeman, Ma préférence), mais tu as longtemps délaissé le chant solo. Pourquoi?
AA : J’ai fais beaucoup de duos oui, aujourd’hui j’ai décidé de me lâcher, de penser un peu plus à moi. C’est le public, aussi, qui me pousse à revenir, à m’affirmer et me lancer dans le grain bain, j’y reviens doucement en me disant que tout est à refaire et que rien n’est jamais acquis!
– Tu te lances en 2014 avec « Ou ni an vwa », qui reçoit un accueil favorable et avec une vidéo digne d’un scénario de film, comment t’es-tu finalement décidé? Parle nous de « Ou ni an vwa »
AA : Avant « Ou ni en vwa« , il y a surtout un ami qui me pousse et qui m’a beaucoup encouragé, c’est Samuel Crestor, que je salue. Comme je vous l’ai dit, c’est le public, les gens qui viennent à vous en vous disant « mais il faut revenir, on en a marre de te voir en tant que choriste », donc je me suis décidé comme ça: je me suis dit « pourquoi pas, je peux y aller » et puis la rencontre aussi avec Albéric Louison qui m’a offert ce titre ‘ou ni en vwa ‘ qui est  pour moi un déclencheur.

– Tu reviens aujourd’hui avec un nouveau single solo « San vou », tu y as pris goût finalement!
AA : Avec ce titre San vou oui j’y prends goût, je prends mes marques et au fur et à mesure, j’avance et espère faire découvrir au public toutes mes facettes.
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– Tu fais partie des artistes un peu contestataires qui n’hésitent pas à monter au créneau, notamment envers le manque de diffusion des artistes martiniquais sur les « grosses radios » locales. Tu penses que tu peux faire bouger les choses?
AA : Oui je me battrai toujours pour que les artistes martiniquais soient diffusés! C’est un combat perpétuel, un combat des fois qui décourage certains, mais il ne faut pas lâcher, même en étant deux, trois ou quatre, on peut arriver à faire changer certaines choses…
– Et en Guadeloupe? Tu penses que les médias locaux boycottent les artistes martiniquais?
AA : Je pense que les guadeloupéens sont beaucoup plus solidaires, ils protègent leurs musiques et leurs artistes…
– Qu’est-ce qui pourrait améliorer le quotidien des artistes antillais chez eux?
AA : Ce serait déjà que tous les médias s’intéressent un peu plus aux artistes, à leurs difficultés, à leur musique, mais il faut aussi que, nous artistes, nous fassions tous du bon travail, bien sûr, de la bonne musique et que l’on reste nous-même dans notre art. Que l’on cherche aussi, nous artistes, à connaitre nos droits.
– Quels sont les projets d’Alain Ajax?
AA : Mon projet à court terme, c’est déjà la promo du nouveau titre « San vou » que je signe avec Samuel Crestor et qui figure sur le cd Les Tubes du Zouk 2015, et aussi la réalisation du clip de ce titre. C’est aussi revenir en live, avec un nouveau groupe, pour chanter mes chansons mais aussi celles des autres, rejouer pour des gardens, des comités d’entreprises, des communes…
– Le mot de la fin?
AA: Mon dernier mot c’est de ne pas oublier: nou artist nou pa number one en patat, sé selman Bondiè ki number one... 😉

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