ANAIS DELWAULLE: Une Martiniquaise à Miss Monde!

 

(c) Aliocha

(c) Atom

 

Une jeune « Chabine » de 20 ans, bien de chez nous, qui foule le tapis rouge de l’Election de Miss la plus sélective et cotée au monde… C’est ce rêve devenu réalité pour Anaïs Delwaulle, candidate à la prestigieuse Election Miss World (Miss Monde) 2014. Un parcours exceptionnel pour cette jeune Martinique Queens et qui a bouleversé toute sa vie. Elle nous fait partager son expérience avec chaleur et émotion.

 

– Bonjour Anais, présentez-vous aux lecteurs de FrékansZouk Mag. Qui êtes-vous? Quel a été votre parcours avant l’élection Miss World?
ANAIS DELWAULLE: Bonjour aux lecteurs et aux lectrices, j’ai 20 ans, je suis étudiante en Communication et je suis l’une des Martinique Queens. J’ai en effet participé en 2013 au concours Martinique Queens, remporté le prix de la Photogénie et me suis classée parmi les 5 gagnantes à la place de 1ère Dauphine, ce qui me donnait le droit d’être choisie pour représenter la Martinique dans l’un des Concours Internationaux dont Martinique Queens détient la licence. Après une année d’observation, Brigitte Robinel, la directrice, m’a attribué le titre de Miss World Martinique afin de représenter la Martinique au célèbre Concours Miss Monde qui s’est tenu à Londres.

J’avais déjà un pied dans le monde du mannequinat puisque depuis 2011 je défile sur les podiums martiniquais pour des créateurs et des marques et pose pour des photographes, magasins et magazines de Martinique, Guadeloupe et Guyane. Mais le monde des Miss est totalement différent et c’était une première pour moi.

– Vous êtes mannequin et également modèle photo, est-ce une passion? D’ou vient-elle?​

AD: Oui c’est vraiment une passion. J’ai toujours entendu ma mère dire que « depuis toute petite je posais » et en effet mon premier shooting photo professionnel, je l’ai réalisé à l’âge de 4 ans! Je pense que j’ai toujours aimé cela, et le soutien de mes parents a dû renforcer l’envie de rentrer dans le milieu. J’avoue cependant avoir une préférence pour la photographie que pour les défilés car cela me permet de jouer différents rôles, de me mettre dans la peau de qui je veux, dégager ce que je veux, etc…

(c) Franck Charlery-Adèle

(c) Franck Charlery-Adèle

​- On a même pu vous apercevoir dans quelques clips …​

AD: Oui j’ai fait quelques clips comme celui de Janikilla « Mada Island », JC541 « Chabine », Panik J, Shafta et Lieutenant « Pad problem », Dominique Lorté, Jocelyne Labylle et Viviane Emigré « Allo Coco décroche », Karlo « Laisse-moi t’aimer »… Et récemment, j’ai eu une nouvelle collaboration avec Panik J pour un clip qui sortira d’ici peu. Parfois je n’étais que figurante, d’autres fois j’avais le rôle principal.

​- Avez-vous un projet professionnel autour de ce monde de la Mode?​

AD: Oui j’en ai plusieurs! Mais il y en a un en particulier, un très gros projet, qui serait vraiment une consécration si j’arrive à le réaliser. Mais je n’en dirai pas plus pour le moment 😉

– Comment avez-vous décidé de vous présenter à l’élection de Miss Martinique Queens?

AD: Figurez-vous que cela remonte à 2009! (rires). Ma mère se déplace beaucoup par le biais de son travail et elle a pu rencontrer l’une des candidates à l’époque qui nous a invité dans un défilé des Queens. J’ai été littéralement conquise sur le coup! C’était la toute première fois que j’assistais à un défilé de mode. Et ce jour-là, un des membres du comité m’a repéré et m’a tout de suite proposé de m’inscrire en me disant que j’avais quelque chose, mais à cette époque je n’avais que 15 ans et j’étais donc trop jeune. Les années suivantes j’ai essayé à nouveau de présenter ma candidature, sans succès: soit je n’avais pas la taille, soit les inscriptions étaient finies, soit je n’arrivais pas à joindre les membres du comité. Et puis en 2013 une ancienne candidate m’a contactée via Facebook et m’a proposée de passer le casting. J’ai longuement hésité cette fois (rires). « Tu n’as rien à perdre », je me suis dit. Et je me suis inscrite.

martinique queens

​- Quand vous avez reçu votre titre de Dauphine à Miss Martinique Queens 2013, vous doutiez-vous d’arriver à Londres? 

AD: Non je ne m’y attendais pas du tout! On m’avait promis de m’envoyer quelque part… Mais je n’ai pas pensé une seconde à Miss Monde! D’ailleurs il m’a fallu beaucoup de temps pour réaliser que ce n’était pas une blague! (rires).

L’élection s’est très bien passée! C’était inoubliable, enrichissant, extraordinaire, super, grandiose… Je m’arrête ici? (rires). C’était vraiment l’expérience de ma vie. C’est quelque chose de se dire qui si on est ici, c’est que l’on a sa place, qu’on fait en quelque sorte partie des plus belles femmes du monde et que toute une île compte sur nous. Nous étions à la fois comme les présidentes de chaque pays et comme des princesses. J’ai pu me découvrir une nouvelle personnalité: plus calme, plus intéressée à ce qui m’entoure, plus souriante, plus féminine… J’ai pu en découvrir beaucoup sur pas mal de pays, et parfois même découvrir tout simplement des pays! Et je suis super fière et heureuse de me dire que je suis repartie avec 121 nouvelles copines, je connais au moins une personne dans presque chaque pays de la Terre, c’est juste incroyable!

– Le 14 décembre ​2014 vous représentiez ​donc ​la Martinique au Concours Miss World à Londres. ​Parlez-nous de votre séjour à Londres, comment était l’ambiance là-bas?

AD: Il y avait une bonne ambiance, j’ai d’ailleurs été surprise car nous étions quand même dans une compétition. Mais ce n’est que le dernier jour que ça s’est ressenti avec le stress. Les filles étaient toutes amicales, souriantes.

Anaïs et les Miss

Anaïs et les Miss

– Avez-vous fraternisé avec d’autres Miss? D’un autre côté, y-avait-il des Miss à éviter? 

AD: Je me suis liée d’amitié avec Miss Île Maurice qui était ma camarade de chambre mais aussi avec beaucoup d’autres! Les Francophones (Guadeloupe, France, Côte d’Ivoire, Guinée, Haïti, Belgique, Gabon et moi-même) se réunissaient souvent mais j’essayais aussi de me mélanger à tout le monde (Luxembourg, Singapour, Malaisie, Israël, Panama, Guatemala, Barbade, Géorgie, Jamaïque…), sinon ce n’est pas marrant. J’ai appris quelques mots de Chinois, parlé espagnol, anglais, créole et j’ai pu aussi faire parler quelques Miss en français et créole!

Des « Miss à éviter », non pas vraiment. Après chacune avait sa personnalité, donc certaines affinités se créent plus facilement qu’avec d’autres.

– Comment avez-vous abordé la compétition Miss World? Joie? Peur? Avez-vous pensé que c’était « trop » pour vous?

AD: Je pense être passée par toutes les émotions possibles lors de ce Concours! Mine de rien, il faut un sacré mental pour encaisser tout cela. Je suis passé de la confiance à la crainte, de la joie à la tristesse, du « J’ai envie de rentrer » au « Je ne veux plus partir »! (rires). Il y a eu bien entendu énormément de moments pleins d’émotion où j’avoue avoir versé quelques larmes (rires), comme au Gala de Charité où j’ai pu découvrir des projets humanitaires magnifiques et très touchants, où on expliquait à quel point certaines personnes étaient malheureuses, malades ou pauvres et où toutes les filles se sont vraiment rendu compte du rôle de Miss Monde.

Il y a eu aussi l’hommage à Miss Honduras qui a été assassinée un jour avant le début de l’aventure. Et bien entendu le jour de la Finale. Ça ne s’est pas vu sur scène mais toutes les filles pleuraient en coulisse, d’une part car c’était juste incroyable de voir autant de monde nous soutenir, la salle était remplie, on se serait cru dans un stade de foot, les gens avaient des drapeaux de leurs pays et criaient comme des fous (j’ai même trouvé des fans martiniquais sur place!) Et puis c’était très impressionnant de se dire qu’1 milliard de téléspectateurs nous regardaient à cet instant, et d’autre part on savait aussi que ça marquait la fin de l’aventure.

Anaïs à Miss World

Anaïs à Miss World

– ​Connaissez-vous maintenant votre classement? Contente ou déçue?

AD: Je ne connais pas encore le classement officiel, mais mon comité essaie de se renseigner et je le communiquerai dès réception. Je sais cependant que j’ai été dans le Top 27 des meilleurs projets humanitaires et que le Public m’a élue 15e plus belle Miss du Concours.

Déçue? Pas vraiment. Bien entendu, j’aurais aimé aller plus loin. Mais je me dis juste que j’ai tout donné. Ce n’est pas facile de trouver le truc pour se démarquer parmi 121 beautés. Et puis vu l’aventure que j’ai vécu, comment être déçue?!

– Un commentaire sur Rolene Strauss, la Miss World 2014?

AD: Magnifique. Elle mérite vraiment sa place et ça ne m’a absolument pas étonnée quand j’ai su que c’était elle la gagnante. C’est une fille complète: belle, intelligente, sportive. J’ai eu le temps de parler avec elle avant qu’elle ne soit élue et elle est en plus très gentille!

Avec la Miss World 2014

Avec la Miss World 2014

– Vous êtes encore étudiante, votre participation a-t-elle changé quelque chose autour de vous?

AD: Oui Miss Monde a changé ma vie. Déjà il y a le titre et le fait que les gens savent qui je suis, ce que j’ai fais. Leur façon de faire, de me regarder change donc complètement. Il m’est difficile de me promener sans entendre un « C’est Miss Monde Martinique » ou sans faire des photos (rires). Mais cette aventure m’a aussi énormément fait mûrir! En 3 semaines je suis certaine d’avoir pris 3 ans de maturité. Et visiblement, ça se ressent sur ma manière d’être et mon travail. Je suis plus concentrée, plus professionnelle, plus sérieuse, etc…

– Les médias et surtout les réseaux sociaux vous ont fortement soutenue, on a même ressenti une fierté de vous voir partir défendre les couleurs de l’île. C’est une satisfaction?

AD: Totalement! Oui j’étais très fière que Martinique Queens m’ait fait confiance pour cette lourde tâche. Contente de voir que les Martiniquais s’y sont intéressés et m’ont soutenu comme il se devait. On entend souvent « Les Martiniquais ne sont pas solidaires » et bien je peux vous dire que c’est faux! Ma grande surprise a été de voir le nombre de personnes mobilisées, j’ai lancé des défis, je pensais que seule une dizaine de personnes jouerait le jeu, au lieu de ça j’ai eu une centaine de défis! Je ne pouvais même pas tous les réaliser!

Chaque jour, je recevais des dizaines de messages de soutien. Quand je n’ai pas été prise dans le Top 25, je pensais que la ferveur diminuerait. Eh bien non! Jusqu’à présent les gens me suivent et me félicitent pour mon parcours. J’ai été surprise de voir que les gens n’en avaient que faire que je n’ai pas été sélectionnée, ce qui les affectait le plus c’est que ce soit fini. J’ai reçu des messages d’étudiants à Paris qui m’expliquaient que regarder mes vidéos et passer sur mon profil prendre des nouvelles était devenu leur routine le matin avant d’aller en cours. Certaines de mes vidéos on eu des dizaines de milliers de vues!!!

– Vous même avez l’air d’être une addict à Facebook, Twitter et Instagram, c’est important pour vous?

AD: Important oui mais pas crucial. Je ne dirais pas non plus que je suis addict car je peux et j’apprécie rester « déconnectée ». Cependant je fais des études de communication donc bien entendu il est important pour moi de savoir les exploiter. De plus, on dit que j’ai été la Miss la plus suivie médiatiquement parlant de tout Concours de Miss confondu en Martinique. Je pense que c’est dû à cela et j’en suis heureuse.

Un selfie des coulisses

Un selfie des coulisses

– ​Depuis votre retour, ressentez-vous les retombées de votre voyage?

AD: Oui j’ai plusieurs propositions de travail en Martinique, en Guadeloupe et à Paris et même à l’étranger (Italie, Londres et USA) mais avant de prendre toute décision, je m’applique à finir mon année d’étude et à réussir mes examens.

​- Auriez-vous quelques secrets à confier aux lectrices qui souhaiteraient participer à Miss Martinique Queens​ pour figurer sur le podium final? 

AD: Le meilleur conseil est celui qui m’a fait en arriver là: ne jamais baisser les bras quoi qu’il arrive. La directrice de Martinique Queens m’a confié que c’est aussi cette partie de moi qui l’a convaincue de m’envoyer à Londres. Dans un Concours de Miss, il y a le physique mais aussi et surtout le mental!

– Vous êtes jolie, intelligente, une karatéka accomplie… Avez-vous des défauts?! 

AD: Je suis Ceinture Noire 1ère Dan de Karaté depuis l’âge de 14 ans, une de mes fiertés également.  Un défaut? Je suis trop entêtée! (rires). Il est très difficile de m’ôter une idée quand je l’ai en tête. Vraiment.

– Quels sont les projets d’Anaïs pour le futur?

AD: Finir mon année de BTS avec le diplôme en poche à la clé. Après je switcherai comme je l’ai toujours fait entre mes études que je refuse de négliger et mes passions. L’an prochain, je ne serai peut-être plus en Martinique car j’essaie d’intégrer la meilleure école de Communication de France afin d’y passer ma Licence et mon Master, je compte donc saisir cette opportunité pour agrandir mon réseau et mon CV artistique et professionnel, essayer de réaliser mes nouveaux rêves dans le monde du Mannequinat.

​- Le mot de la fin?

AD: Merci encore pour votre soutien et rendez-vous bientôt pour de nouvelles aventures!

 

Anais Delwaulle sur la Toile

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Instagram @anaisdw

 

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