GABY DIOP  » L’amour est mon oxygène »

 

(c)  Jim Rosemberg

(c) Jim Rosemberg

La Scène Acoustique caraibéenne recèle de talents exceptionnels dont certains noms sont connus du grand public et d’autres gagneraient largement à l’être plus. Connue des amateurs de bonne musique, de voix et de sensibilité, Gaby Diop nous vient de la Martinique et du Sénégal par ses parents et puise au sein de ses influences, de sang et de culture soul, une richesse de mélodies qui fait d’elle l’une des meilleures auteur-compositeurs de sa génération. Son album Lymyè Mwen est un très joli bijou à découvrir. Allons à la rencontre de son écrin, la personnalité de Gaby Diop.

– Bonjour Gaby, présente-toi aux lecteurs de FKZM…
Gaby Diop: Bonjour tout le monde! Je m’appelle Gaby Diop, je suis une artiste Martinico-Sénégalaise et j’ai 31 ans. J’ai un parcours scolaire assez atypique (lol). J’ai eu un bac L après l’obtention duquel je suis venue à Paris où j’ai intégré une école de musique (l’école Atla), puis une école de cinéma grâce à laquelle je me suis spécialisée dans le montage vidéo. Je me suis passionnée pour la musique au collège et depuis je n’en démords plus! Je suis chanteuse mais je joue aussi de la guitare. Elle m’est indispensable pour composer. Je suis aussi une grande fan de cinéma, comme la musique, il offre un espace d’évasion.

– Tu es d’origine martiniquaise et sénégalaise, où as-tu grandi?
GD: Ma mère est martiniquaise et mon père sénégalais mais j’ai effectivement passé toute mon enfance en Martinique. Elle a été toutefois entrecoupée de quelques voyages à Dakar pour voir la famille pendant les vacances. J’ai pu découvrir des lieux empreints d’histoire, notre histoire, comme l’île de Gorée, très jeune.

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– Gaby Diop était-elle une enfant sage? Ou une bombe d’énergie?! 
GD: 🙂 Entre les deux je dirais. J’étais assez réservée mais pleine d’énergie. Aujourd’hui encore, je ne peux pas rester deux jours chez moi à ne rien faire 🙂 . Du coup ma mère m’a inscrite à des cours de sport. J’ai fait du judo, de la natation, de l’équitation et du karaté. Et malgré mes 1m83, non je n’ai pas fait de basket! lol

– Une enfance heureuse? Un souvenir qui t’a marqué?
GD: J’ai eu une enfance très heureuse et épanouissante. J’ai la chance d’avoir une famille dont les membres s’entendent plutôt bien. Je n’ai pas un, mais une multitude de souvenirs marquants. Mes parents organisaient souvent de grandes fêtes où l’on se retrouvait tous. À ces occasions, nous faisions souvent de grandes marches dans la campagne (au Diamant par exemple). C’était l’occasion de discuter, de chanter, de s’amuser, de partager.

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– Quel a été l’élément révélateur de ton talent musical?

GD: J’ai une cousine qui chante et que j’admirais beaucoup étant enfant et elle m’a donné envie d’essayer à mon tour. Je n’osais pas me lancer et puis, au lycée, j’ai eu la chance de rencontrer un jeune pianiste qui avait monté son propre groupe de musique live. Il m’a proposé de l’intégrer en tant que choriste. Je ne connaissais pas grand-chose à la musique à cette époque mais il a cru en mon potentiel et m’a en quelque sorte prise sous son aile. J’ai appris à son contact et en me formant simultanément dans des écoles de musiques.

– Quelles sont tes influences musicales? As-tu des albums de chevet?

GD: J’ai été bercée par des artistes comme Tracy Chapman, Sade, Kassav et bien d’autres. J’adore la soul et le son qui « groove » en général. Dans la lignée, j’ai beaucoup écouté des artistes comme Jill Scott, India Arie ou D’Angelo. Mes albums de chevet changent assez régulièrement car il y a une myriade de grands talents qui se révèlent chaque jour. En ce moment, et bien qu’il soit sorti depuis longtemps déjà, j’écoute et ré-écoute Lianne La Havas, l’album « Is your love big enough », entre jazz, soul et sonorités acoustiques. J’écoute aussi Flavia Coelho qui se situe plutôt entre bossa et ragga ou encore Féfé, un ex-embre du Saïan Supa Crew, dont les textes sont extraordinaires.

– Tu as effectué un cursus musical qui t’a amené à te produire sur Paris, c’est le début de la carrière de Gaby Diop?

GD: Oui on peut dire ça 🙂 En fait j’ai commencé les scènes au lycée. J’ai eu l’occasion de faire pas mal de dates en Martinique et quand je suis arrivée à Paris j’ai continué à me produire assez régulièrement dans différents types de formations musicales. Mais c’est vrai que c’était toujours soit des répertoires de reprises (caribéennes/internationales) ou alors des compositions originales d’un des membres du groupe. J’ai même fait les Francofolies de la Rochelle mais je crois que réaliser mon premier album a été comme une seconde naissance. Défendre ma propre musique, mes propres compos me pousse à aller chercher plus loin, à tenter de toucher une vérité différente, la mienne. Ça marque un nouveau départ.

(c)  Jim Rosemberg

(c) Jim Rosemberg

– Tu as démarré par la Soul et le R’n’B avant de te lancer dans la musique caribéenne?

GD: Pas vraiment, j’ai fait les deux. En fait ce fameux groupe de lycée que j’ai intégré en tant que choriste et avec lequel j’ai débuté la musique avait un répertoire totalement caribéen. On faisait des reprises de Kassav, Tanya Saint-Val, Pascal Vallot, Taxi Kréol et j’en passe. Par contre c’est vrai que chez moi et en cours de chant j’écoutais et je bossais beaucoup de chansons de Whitney Houston, Sade, Michael Jackson, Georges Benson et bien d’autres.

– Le concours TREMPLIN SOUL’R SESSIONS de Trace TV t’a-t-il lancé dans le grand bain?
GD: C’est vrai que j’ai eu l’occasion de faire quelques belle scènes avant mais ce tremplin a été une belle opportunité de faire découvrir ma musique à un plus grand nombre de personnes..

– Tu as une belle carrière live derrière toi avec des concerts dans des salles prestigieuses (le Cabaret Sauvage, l’Elysée Montmartre, la Scène Bastille, le Biz’Art, l’Européen…), que préfères-tu dans le fait de chanter en live?

GD: Le fait de transmettre quelque chose à chaque fois, des émotions et des sensations, qui, inéluctablement, et même à répertoire identique, apporteront toujours quelque chose de différent. Un concert ne sera jamais identique à un autre. En live, on peut prendre des libertés et réinventer les morceaux, les réarranger, leur donner une autre vie. C’est un espace de création et de liberté que j’affectionne. Une autre chose extraordinaire c’est le partage avec les musiciens. Chacun d’entre eux monte sur scène avec ce qu’il a, ce qu’il est et le propose. On échange, on se répond, on s’écoute, c’est magique.

– Tu as participé le 11 mai 2014 au Festival Tropiques en Fête, un bon souvenir?
GD: La scène était vraiment très belle. C’était génial de pouvoir jouer dans de telles conditions à la Foire de Paris. J’en garde vraiment un très bon souvenir!

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– Que penses-tu du milieu de la « musique caribéenne » aux Antilles? Tu penses en faire partie?
GD: C’est un milieu qui compte beaucoup d’artistes talentueux aussi bien chanteurs qu’instrumentistes. Je pense faire partie de ce qu’on appelle « la nouvelle scène créole ». On mélange un peu les styles soul, souk, ragga, folk, latin etc…

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– Tu t’es fait des potes chez les autres artistes? 😉
GD: Oui j’ai quelques amis artistes 🙂 On se connait un peu tous (de près ou de loin) et je pense qu’on s’entend assez bien et qu’on essaye de s’entraider à nos niveaux.
J’ai une très bonne amie Florence Naprix (chanteuse qui a sorti un album magnifique « Fann Kann ») qui m’aide beaucoup et est de très bon conseil 🙂

– Tu as sorti un EP en 2012, « Ban mwen lanminw », une petite carte de visite?
GD: C’est exactement ça! C’était une carte de visite. À l’époque, je n’avais pas encore composé tous les titres de l’album et ça m’a permis de commencer à faire connaître mon travail. C’était en quelque sorte une entrée en matière.

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– Tu as d’ailleurs repris les titres de l’EP, retravaillés, sur « Lymyè mwen »…
GD: Oui effectivement. Les titres de l’EP sont des morceaux que j’aime beaucoup et j’ai hésité à les replacer sur l’album vu qu’ils avaient déjà été présentés. Mais c’est vrai que l’EP est resté quand même assez confidentiel du coup je les ai retravaillé pour l’album.

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– Finalement ton premier album Lymyè mwen est sorti en avril 2014, ça a été un gros travail? Pourquoi en auto-production?
GD: Ça a été beaucoup de boulot. Déjà au niveau des compositions, des arrangements et de la réalisation mais aussi de la mise en oeuvre du projet global. C’est une autoproduction donc il a fallu débloquer des fonds par mes propres moyens et trouver un studio pour enregistrer, pour mixer, pour masteriser etc… Les maisons de disques aujourd’hui ont un peu les pieds et poings liés. Le disque ne se vend plus comme avant, du coup, ça leur est difficile de miser sur des artistes comme moi en développement. Nous ne pouvons leur apporter aucunes garanties et ce n’est pas facile pour eux. J’ai proposé quelques ébauches de mon travail mais ça n’a pas convaincu. Du coup, plutôt que d’attendre que quelqu’un croit en mon projet d’album, j’ai décidé d’y croire moi-même 🙂 et de m’auto-produire. Au final, j’en suis satisfaite parce que je présente un album qui est à mon image. Comme on dit « Aide-toi et le ciel t’aidera ».

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– Parle-nous donc de « Lymyè mwen », cet album hommage à tes origines créoles…
GD: Je ne me voyais pas faire un premier album autre qu’en créole. C’est une introspection, comme le premier film d’une trilogie qui présente les origines des personnages 🙂
Je voulais parler de ce que je connais le mieux et ce sont mes racines, mon île. J’y évoque des tranches de vie et des histoires amoureuses. Dans cet album les mélodies soul, zouk ou kréol-jazz, se mêlent à d’autres harmonies comme le maloya. J’y ai laissé un peu de mon âme.

– LODÈ PÉYI MWEN est un titre qui parle de ta relation avec ton île, que ressens-tu quand tu interprètes ce titre?
GD: De la nostalgie mais aussi de la douceur. Dans ce morceau je parle des odeurs et des couleurs que l’on garde au fond de nous et qui nous permettent dans les moments difficiles de retrouver un peu de joie. Comme « l’odeur de la pluie dans la savane« , ou les lumières des « bèt a fé » , des lucioles, qui brillent dans la nuit. Ce sont des images que je garde en moi et qui me portent. Quand je suis dans le froid parisien, savoir que je les retrouverai me rend la vie plus douce 🙂

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– Lymyè mwen est un album plein d’amour. Tu carbures à l’amour?
GD: 🙂 Oui. Une vie sans amour c’est terrible! Que ce soit celui de sa famille ou de personnes chères, l’amour est d’une importance capitale. Il nous élève, nous fait donner le meilleur de nous-même. C’est plus qu’un carburant c’est de l’oxygène 🙂

– Quel est le quotidien de Gaby Diop?
GD : Je me lève et je vais travailler. À la fin de la journée, j’adore aller au cinéma ou voir un concert. Ensuite je rentre chez moi et je joue un peu de guitare. Si j’ai de l’inspiration, je me laisse emporter par un nouveau morceau sinon je m’entraîne simplement. Je ne suis pas une couche-tôt.

– Que nous réserves-tu pour 2015?
GD: De belles scènes je l’espère.

– Le mot de la fin?
GD: À tous ceux qui nourrissent des ambitions mais ont peur de les réaliser: lancez-vous!!! Le meilleur est à venir si l’on écoute son cœur.

 

Retrouvez Gaby Diop sur la Toile:

Facebook : Gaby Diop

Instagram : https://instagram.com/gaby_diop

Twitter : https://twitter.com/gaby_diop

Sa page Youtube Gaby Diop officielle

Sa page Youtube Gabrielle Diop Editing

 

 

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