POMPIS: « Je demande aux femmes de se lâcher, mais pas de faire n’importe quoi avec n’importe qui »!

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Evidemment, avec un pseudo comme ça, on ne peut échapper à quelques blagues. Pompis a de l’humour et il s’en amuse, il a d’ailleurs fait un duo avec Keros-N, histoire de travailler entre collègues… Mais il n’a, heureusement pour nous, pas que cela dans sa besace: il est doué d’un talent certain, et désormais reconnu par des milliers de fans, pour la rime dancehall. En à peine 5 ans, il s’est positionné comme l’un des leaders de la scène reggae-dancehall antillo-guyanaise avec des hits imparables, « A no we dat », « Rude Boy », « U Dada », et j’en passe. Il était nécessaire de découvrir qui se cache derrière l’image du jeune frondeur adepte de rimes croustillantes sur les femmes, ce qui lui vaut quelques piques par-ci, par là… Rencontre avec Kévin Port-Lis aka Pompis.

 

– Bonjour Pompis, tout d’abord, pourquoi Pompis?! Un rapport avec le kérosène?!

Pompis : (Sourire) Hi! Alors, l’origine de mon nom d’artiste n’a aucun rapport avec le kérosène ou toute autre substance. Je n’ai pas eu le luxe de choisir mon blaze, mes camarades du collège s’en sont chargé pour moi. A l’époque, on déformait les noms de famille pour en faire des surnoms et du coup, « Port-Lis » a donné vie à « Pompis ». Je l’ai ainsi naturellement gardé dans la musique.

– Tu es sur la scène Dancehall depuis un peu plus de 5 ans, tu as démarré l’histoire en Martinique apparemment. Parle-nous de tes débuts?

P: Effectivement, j’ai commencé en Martinique à l’âge de 16 ans en écrivant mes premiers textes et dans un esprit d’amusement avec des potes. Ensuite, nous avons pris cette passion plus au sérieux en créant le « Judgement Crew ». A ma majorité, je suis parti en Guyane afin de poursuivre mes études en Génie Electrique et c’est au sein de ma résidence étudiante que j’ai continué à évoluer dans le domaine musical avec des potes. C’est à Kourou que j’ai pu me démarquer et assurer ma première scène en première partie du showcase de l’artiste Mighty Ki La.

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– Tu as des origines africaines et guadeloupéennes, avec un fort attachement à la Martinique, cela n’est pas commun…

P: Plus exactement, j’ai des origines africaines, guadeloupéennes et métropolitaines avec un fort attachement à la Martinique et la Guyane, pour y avoir vécu et réalisé mes études. Quand on est enfant, on n’a pas son mot à dire, on suit juste ses parents 😉 . Je profite pour les remercier car je garde de très bons souvenirs de cette enfance pluriculturelle.

– Ces influences transparaissent dans ta musique?

P: Tout à fait. On peut distinguer le mélange de plusieurs créoles dans mes sons et des choix d’instrumentaux assez variés. On peut le remarquer avec le son « Starboy » qui suit une musicalité de Guyane; quant au titre « Badgyal », il renvoie aux sonorités de Martinique.

– Tes études t’emmènent à Kourou en 2006. Tu as ressenti un coup de cœur pour la Guyane?

P: Mon coup de cœur pour la Guyane n’est pas du tout récent. Il faut savoir que j’y ai vécu avant d’arriver en Martinique. Et par la suite, installé aux Antilles, je passais quasiment toutes mes vacances scolaires à Cayenne chez ma tante. Le choix de réaliser mes études à Kourou s’est donc fait sans appréhension.

– « Ayayaye » est ton premier succès mais peut-on considérer que tout démarre avec « A no we dat » ?

P: Oui, le titre « A no we dat » a marqué le début de ma carrière d’artiste. Tout a été très vite : une demande croissante de prestations scéniques, une couverture médiatique et par conséquent une notoriété de plus en plus affirmée. D’ailleurs, je tiens à remercier mon public d’avoir permis à ma musique d’acquérir cette reconnaissance et de me manifester leur soutien au quotidien pour que cette aventure continue !

– A quel moment as-tu pris la décision de faire de ta passion un métier ?

P: En parallèle de ma passion, j’ai terminé mon cursus de DUT à Kourou, ensuite poursuivi mes études à Poitiers jusqu’à l’obtention de mon Master en Génie Electrique et Mécaniques des Fluides ; puis travaillé à Orléans. Lorsqu’il est devenu difficile pour moi de combiner mon métier d’assistant de chef de projet et mon activité artistique le week-end qui prenait de l’ampleur, j’ai décidé de tenter ma chance et de me consacrer pleinement à la musique.

– 2012, ta notoriété s’échappe du milieu ragga-dancehall avec le titre « Rude Boy » qui te fait conquérir les clubs et boites de nuit. Un clip tourné en Martinique, quel souvenir gardes-tu de ce titre?

P: Je me souviens avoir écrit le premier couplet en conduisant grâce au dictaphone de mon téléphone et d’avoir posé à l’arrache sur Montpellier juste avant un show.


– Est-ce après ce titre que le nom de Pompis devient bankable?

P: En effet, les demandes ont considérablement augmenté après la sortie de ce titre.

– Un an plus tard, on te retrouve en featuring sur le 2nd album de Kalash avec « Independant Gyal » et ce titre devient le tube de l’Année. Tu en es fier ?

P: Oui, je suis très satisfait de cette collaboration et du rendu, surtout quand on sait que ce titre a été posé de façon spontanée.

– Ce n’est pas trop dur de s’entendre entre 2 Kévin? 

P: On s’entend entre 2 Kevin comme on s’entend entre 2 Jean ! lol (Je suis meilleur en son qu’en blague désolé) 🙂

– Quelles relations entretiens-tu avec les autres artistes en vogue du Dancehall guyanais?

P: Une bonne entente avec l’ensemble des artistes qui font avancer le Dancehall !

– Le Lindor 2013 te passe sous le nez pour aller à Jahyanai King, étais-tu un peu déçu?

P: Déçu, non pas vraiment. Jahyanai King l’avait bien mérité. Pour ma part, mon objectif premier est de satisfaire mon public, le reste n’est que du bonus.

– 2014, c’est bien sûr le tube ASAN (An sé an Nonm) mais surtout la sortie de Starboy. Que représente ce premier album pour toi?

P: Même si aujourd’hui, peu de personne achète encore des albums, je pense qu’il est important d’en avoir au moins un à son actif. Il fait office de CV et montre aussi que l’artiste a une certaine structure autour de lui. Un album, c’est du temps et beaucoup d’argent investi. Pour ma part, il représente ma première vraie brique apportée à l’édifice.

– StarBoy, c’est intriguant comme titre, qui est ce « garçon des étoiles »?

P: Nous avons intitulé l’album « STARBOY » de façon à ce que tout le monde se sente concerné. Au-delà de son côté bling-bling, cette expression délivre un message optimiste : que chacun doit se donner les moyens de libérer la lumière qui est en lui. Nous avons tous des atouts pour atteindre nos objectifs et briller. Quelque soit le projet, il faut apprendre à croire en soi !

Starboy 3

– L’album est varié, on y trouve trois anciens titres et 12 nouveautés, combien de temps as-tu pris pour l’écrire?

P: Nous avons travaillé sur l’album pendant un an et demi. J’ai écrit l’intégralité de mes titres. Il a fallu trouver le temps entre les différents déplacements pour choisir les bonnes instrus, avoir les bonnes inspirations associées et réaliser les enregistrements en studio.

– Ton thème de prédilection reste la femme et la vision que tu as d’elle?

P: Contrairement à ce que l’on pourrait penser, je suis très respectueux de la femme. Ce qui est dit dans mes sons n’est pas à prendre au pied de la lettre. Je ne pense pas avoir été un salopard avec les femmes avec qui j’ai pu être. Il faut donc prendre les choses au second degré et faire appel à son sens de l’humour quand on écoute du Pompis! 😉 .

– Quel est le type de femme de Pompis?

P: Tu peux être la femme la plus belle et la plus bonne du monde, si tu n’as pas de matière grise, c’est Dead. Voilà mon type 😉 .
– Une question que beaucoup se posent… As-tu trouvé celle qui correspond à la description? 

P: On dit que « Derrière chaque grand homme, se cache une Femme»…

– Beaucoup de chansons mettent en avant un coté fille facile et les clips reflètent assez bien cet esprit. Certains de tes lyrics suivent. Est-ce par effet de mode? Est-ce forcément intéressant de suivre le « main stream »?

P: Dans mes textes (sauf exception), je demande aux femmes de se lâcher, mais pas de faire n’importe quoi avec n’importe qui. Je dis tout haut ce que les hommes font et cogitent tout bas. Je ne pense pas suivre la mode à ce niveau. Sauf erreur de ma part, je suis l’artiste de ma génération musicale qui a ramené ce concept au goût du jour avec ma propre touche, il y a trois ans.

– En tant qu’artiste, beaucoup écoutent ta voix. Penses-tu que tu as un rôle à jouer pour changer les mentalités de la jeunesse, au niveau de la violence et aussi des relations homme-femme?

P: Ma musique, je l’utilise principalement pour faire mon public sourire, danser, oublier leurs problèmes du quotidien. Je suis conscient de l’influence que nous pouvons avoir, nous artistes, aussi j’essaye depuis peu de faire passer d’autres messages pour la jeunesse sans pour autant leur faire la morale. Le titre « Douvan Babylone » en est un exemple, il ne s’agit pas de dire familièrement « Fais pas ceci, Fais pas cela ! » mais de démontrer que « Si tu fais ceci, voilà ce qui va t’arriver… ». Mais malheureusement aujourd’hui, nous sommes des boucs émissaires pour beaucoup de parents afin de justifier la dérive de leurs enfants. Il ne faut pas non plus inverser les rôles, l’éducation ce n’est pas le devoir des artistes.
Pour ce qui est des relations homme-femme, elles sont complexes depuis la nuit des temps 😉 , donc je ne pense pas que c’est ma musique qui y changera quelque chose.

– « U Dada » est un hit énorme avec un riddim efficace by Mafio House et un clip aux images léchées. Avec 1.6 millions de vues, ton premier single plait énormément, ça te conforte en tant qu’artiste?

P: C’est réconfortant, mais un artiste ne doit jamais s’arrêter sur une « victoire ». Il faut toujours aller chercher plus loin et ne jamais baisser sa garde au risque d’être dépassé.

– En même temps, tu es plus un artiste « Party » que « conscient » mais on découvre des titres engagés sur Starboy, « Douvan Babylone » ou « La jeunesse en colè », une nouvelle facette de Pompis apparaîtrait-elle?

P: J’ai toujours écrit sur tout donc je ne parlerais pas de nouvelle facette. Je me suis fait connaître dans un créneau et nous avons travaillé sur cet axe pendant un moment. Maintenant que nous sommes « en place », nous agrandissons le champ d’action.
– Tu préfères suivre la mode ou l’imposer?

P: Dans chaque style de musique, il y a des codes à suivre pour toujours être dans le « game ». L’important est de toujours y apporter sa touche personnelle. Je pense que c’est ça s’imposer.

– Tu as le don de trouver des refrains accrocheurs, des formules qui sonnent bien, comment te viennent ces idées de gimmicks?

P: J’essaye d’être toujours simple et efficace dans mes textes. Cela favorise la frappe chirurgicale 😉

– Après « Party Turn Up », quel sera le prochain single de Pompis?

P: Entre « Douvan babylone » et « Pliss Fanm ki Nomm », nous sommes en pleine réflexion.

– A quand une grande scène pour toi?

P: Mon premier concert live, « STARBOY LIVE TOUR », aura lieu le Vendredi 10 avril au New Morning sur Paris. Je suis heureux de pouvoir enfin proposer à mon public une date avec un véritable show artistique !

– Quel est le rêve secret de Pompis?

P: Vivre à l’étranger : aux Etats-Unis ou en Australie !

– Le mot de la fin?

P: Il n’y a que le travail qui paie, alors HADJIME* !
*Commençons / Allons-y !

– Merci Pompis

Merci à vous ! #HADJIME #STARBOY #POMPIS

 

Retrouvez Pompis sur la Toile

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Instagram : https://instagram.com/pompis_97

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Son Store officiel : http://www.pompisstarboyshop.com

 

Comments

  1. Abon comment sa ne pas faire ninporte quoi

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  2. Mnt Pompis tu est avec le groupe de jahyanai king tu vas y rester????

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