FLORENCE NAPRIX: « Chanter me permet de m’épanouir en tant que femme! »

florence-naprix-300x249

On a découvert ce petit bout de « Fanm fô » à la diffusion d’un titre swing et hors-norme, « Formataj ». De suite, l’envie d’en savoir plus sur Florence Naprix et son album Fann Kann s’est précisée. On profite donc de la tournée guadeloupéenne imminente de la chanteuse pour s’insérer un peu dans sa vie. Focus sur Florence Naprix.

.

– Bonjour Florence, présente-toi aux lecteurs de FKZM …

FLORENCE NAPRIX: Bonjour FKZM ! Je suis Florence Naprix, chanteuse guadeloupéenne. J’ai grandi à Pointe-à-Pitre. C’est aussi là que j’ai fait mes premiers pas dans la musique.

– Tu baignes dans l’univers musical depuis tes plus tendres années ?
FN: Petite, la musique, je l’écoutais seule dans mon salon, à travers les albums de jazz de mon père : Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Billie Holiday… Sans comprendre un mot de ce que ces femmes chantaient, j’étais fascinée par toutes les émotions que je ressentais en les écoutant. Et je m’efforçais d’imiter leur chant, leurs intonations, leurs intentions…
En parallèle, mes parents m’ont inscrite au Centre des Arts pour des cours de piano alors que je devais avoir 6 ans. Je me suis ensuite retrouvée à l’école de musique Armand Siobud, où j’ai découvert le chant choral. L’adolescence a été l’occasion de mes premières grandes rencontres musicales, décisives par la suite. Jérôme Castry, Arnaud Dolmen, Corinne Pierre-Fanfant, Sébastien Drumeaux et bien d’autres sont devenus des amis depuis cette époque.

– Quels ont été les artistes antillais ou étrangers qui ont forgé cette passion qui est la tienne aujourd’hui ?
FN: J’ai évoqué les grandes voix de Sarah Vaughan et Ella Fitzgerald plus haut; ce sont les premières qui m’aient donné envie de chanter. Bien plus tard, alors que j’habitais à Lyon, je me suis plongée dans le zouk « rétro » et j’ai aimé la force de Jocelyne Béroard ou de Tanya Saint-Val. Puis c’est la biguine qui m’a envoûtée. Au fil des ans – et heureusement ! – je continue à découvrir des artistes qui attisent cette passion : Aretha Franklin, India.Arie, Jean-Michel Rotin, Meddy Gerville, Bob Marley… Les grands artistes (connus ou non), sont si nombreux et ont tellement à m’apprendre que je prévois bien de passer une vie entière à chercher à les entendre…

– Quel a été le déclic pour que la petite Florence prenne le micro professionnellement ?
FN: Je suis incapable de le dire. Ce n’est que très tard que j’ai envisagé de faire de la musique mon métier. Jusqu’alors, cela ne m’avait même pas effleuré l’esprit. Ça ne pouvait être autre chose qu’une passion à assouvir ponctuellement. Et puis je me suis réveillée un matin en me rendant compte que je regretterais toute ma vie de n’avoir pas tenté d’en faire « quelque chose », quelque chose de concret. Quelque chose d’assumé. Quelque part, il me semblait que je me trahirais en passant sous silence ce qui faisait tellement partie de moi.
Alors j’ai décidé d’écrire, pour voir de quoi j’étais capable. Et en même temps, les musiciens de mon entourage m’ont permis de chanter, tantôt en lead, tantôt au choeurs.

– Comme beaucoup, tu pars pour la Métropole pour tes études et là tu développes ton art ?
FN: Oui, même si ce n’était pas du tout l’objectif ! Mais il s’avère qu’arrivée à Lyon pour suivre des études en classes préparatoires, j’ai fait la connaissance d’Antillais qui m’ont invitée à rejoindre leur groupe : Panach’ ! J’en garde de magnifiques souvenirs (une première partie de Kassav’, quand même !). Deux ans plus tard, à Paris, c’est le groupe Otentik (avec Sébastien Nobin) qui m’ouvre ses bras. Dans l’un comme dans l’autre, on reprend des standards du zouk en live. Et je fais gentiment mes armes, en amateur, sur scène.

– Par contre, toi, tu es arrivé à concilier la musique et obtenir des diplômes ! 😉
FN: Assurément ! C’est pour ça qu’on m’a « envoyé en France » ! Alors j’ai rempli mon contrat et j’ai décroché deux diplômes en traduction. A cette époque, la musique n’était vraiment qu’un loisir. Je répétais 2 à 4 heures tous les week-end mais les concerts étaient rares. C’était simplement une occasion de se retrouver entre amis. A y réfléchir, je pense que c’est de là qu’est né mon amour du live : c’est une autre façon de passer du temps avec des gens qu’on aime.

– Tu fais très vite des rencontres décisives avec des musiciens de talent (Salzédo, Laurac, Canonge…)
FN: Alors que je quittais une répétition avec Otentik, je suis tombée sur Jérôme Castry qui m’a suggérée de rester pour assister à celle de son groupe : Moun Karayib. J’allais rencontrer Olivier Jean-Alphonse ! (Comme toutes les copines, j’étais déjà amoureuse de sa voix au lycée !) J’ai aussi rencontré Stéphane Castry et Willy Salzédo. Ce dernier a été le premier à me faire monter sur scène en « professionnelle ». Au fil des lives, j’ai croisé de nombreux musiciens que j’ai retrouvé par la suite, dans des circonstances diverses. Et petit à petit, sur le tas, à leurs côtés, j’apprends le métier.

– Tu sors ton premier album en 2012, Fann Kann. Pourquoi ce titre ?
FN: Fann Kann est une expression que j’ai entendue dans un titre de Jocelyne Béroard (Fo Pa Fann) et qui exhorte à se dépasser. « Fann kann » évoque les neg mawon qui fuyaient les plantations au péril de leur vie, pour conquérir leur liberté. Cet album est né à un moment où j’ai pris conscience de la nécessité de prendre des risques pour aller à la rencontre de soi. J’avais besoin de savoir qui j’étais et c’est à travers la musique que je me suis cherchée.

– Parle-nous un peu du contenu de Fann Kann…
FN: Fann Kann a été ma première véritable expérience d’écriture. J’ai tenté de partager des interrogations qui me tiennent à cœur: l’amour, comment je le vis, ce que j’en attends… Ma place en tant que femme, Guadeloupéenne, en 2012, en France, en couple, au travail… Cette Guadeloupe justement, que j’aime tellement, qui est pleine de promesses, et qui semble pourtant ne pas toujours marcher droit… La douleur, qui nous définit autant que l’amour, qui nous force à marcher droit malgré tout, que j’estime devoir taire la plupart du temps…
Tout en parlant de moi, je ne voulais pas rédiger un journal intime. J’avais envie de parvenir à toucher chacune des personnes qui écouteraient les paroles de mes chansons.

2013-03-08 Re 202

 

– L’album te ressemble avec un mélange de jazz, de tradition, de zouk, et même de rock !
FN: Musicalement, l’album a été écrit à quatre mains: les miennes et celles de Stéphane Castry, réalisateur de Fann Kann. Toutes les influences qu’on y entend sont principalement la réunion de nos deux univers. Stéphane a compris que je lui faisais confiance pour me permettre de m’exprimer sans m’enfermer dans un style unique. Il a su ouvrir une multitude de routes sans pour autant que l’album parte dans tous les sens. C’est important pour maintenir la cohérence de l’histoire que raconte Fann Kann. J’ai apporté le jazz qui m’a bercée, la biguine ; Stéphane qui a tourné dans le monde entier avec des artistes de partout, m’a fait cadeau de son immense culture musicale; on s’est retrouvés sur le pont du zouk. Ça a été un beau parcours. J’avoue avoir hâte de tracer de nouveau un chemin de ce type avec lui. Il est plus que talentueux.

– Tu fais fi du formatage avec cet album, il est 100% honnête et libre. La liberté, c’est important?
FN: C’est primordial. Énormément de carcans, de contraintes, de limites, existent pour permettre à la société de tourner rond. Les arts sont – à mon sens – parmi les seuls domaines qui offrent encore un espace de liberté. Or là aussi, pour des questions de « business », les contraintes sont souvent plus importantes que l’expression de l’artiste. Quitte à ne pas gagner un rond grâce à ma musique, je tiens à ne chanter que ce qui me correspond. Le titre « Formataj » le dit, de même que « Kriyé Mwen », ou « Flanm » (où ce sont les sensations qui mènent la danse) ou encore « Fanm Jodi », où la question est de savoir comment être une femme libre aujourd’hui.

– Tu as fait le difficile choix de la Musique, tu les regrettes parfois ?
FN: Jamais. Je reste convaincue que ç’aurait été une erreur de passer à côté. Depuis que je me suis lancée (presque à corps perdu) dans cette aventure, j’ai grandi. Il ne s’agit pas que de chanter. Je me retrouve à diriger une petite entreprise et à endosser plusieurs casquettes : auteure, compositrice, interprète, certes, mais aussi productrice, comptable, chargée de communication, et j’en passe…
Il ne faut pas se voiler la face, c’est extrêmement difficile, trop souvent peu gratifiant aux yeux des autres, mais chanter me permet de m’épanouir en tant que femme. A moi de faire en sorte de pouvoir en vivre :).

– Tu arrives à avoir une vie de famille avec tout ça ? 
FN: Je suis maman depuis seulement 3 mois. Dans quelques jours, je serai confrontée de plein fouet à cette problématique ! Je vais devoir assurer le quotidien de mon tout petit d’une part et des concerts presque tous les soirs d’autre part. Dans 10 jours, on fera le bilan 😉 . Pour être honnête, à l’heure actuelle, je suis incapable de répondre à cette question.

– Comment est Florence à la maison? Tu cuisines de bons petits plats, tu es une hôtesse accomplie ?
FN: Je suis une horrible femme sur ce point ! Je ne fais que très rarement à manger. C’est mon compagnon qui s’y colle. Principalement parce qu’il adore ça et que c’est un excellent cuisinier. En revanche, le ménage et les petits travaux de bricolage, c’est pour moi. Je suis également une piètre hôtesse. Toujours ravie de recevoir, une fois que mes invités sont arrivés, que je suis sûre qu’ils ont de quoi boire et au moins grignoter, je ne quitte plus le canapé, où je me suis installée pour parler et rire à gorge déployée.

– Tu tournes beaucoup, tu fais uniquement du live, pourquoi ce choix ?
FN: Pour moi, la musique est un partage tous azimuts. Je propose des textes au public: je dois pouvoir les lui chanter pour qu’il les entende. Ces textes sont portés par la musique que proposent les musiciens. Leur apport est précieux, et différent au fil des scènes. La discussion qui a lieu entre eux et moi, entre le public et nous, varie en fonction de l’atmosphère et inversement. C’est magique ! Et il me semble que seul le live peut apporter cette richesse dans le jeu et l’échange. Je parlais plus haut de bons moments entre amis. Le live, c’est ça.

– Tu te prépares à une tournée en Guadeloupe avec le Cedac du 20 au 28 Mars, ça te fait chaud au cœur de chanter à la maison ?
FN: Je suis enchantée de pouvoir enfin défendre mon album devant le public qui en a inspiré les titres, sur la terre qui me les a insufflés. Depuis 2012, l’occasion ne s’est présentée que deux fois. C’est peu pour « installer » une relation entre la Guadeloupe et moi. Cette tournée de 7 dates me donne en peu de temps plusieurs occasions de présenter mon travail et de séduire un public qui ne me connait pas beaucoup. J’espère transformer l’essai :).

– Que réserves-tu au public guadeloupéen ?
FN: L’idée principale est que tout le monde passe un moment magique. Que je fasse découvrir et apprécier mon univers au public guadeloupéen. Que je l’emmène, avec mes musiciens et moi, loin du quotidien pour quelques heures. J’espère qu’en plus de la musique, il y aura du plaisir, des surprises, du ravissement, pourquoi pas ? Une chose est sûre, je vais en profiter au maximum.

– Quels sont les prochains projets de Florence ?
FN: Dès mon retour sur Paris, je rejoins ma troupe de danse DNK. Nous travaillons depuis 3 ans sur une comédie musicale, revisitant la légende Man Coco et dont nous proposons des versions différentes chaque année. Nous allons en présenter une nouvelle à Colombes le 18 avril prochain (et cette fois, le public est partie prenante de l’intrigue !).
Par ailleurs, je me suis mise à l’écriture de mon prochain album. Je prendrai le temps qu’il faudra pour en être aussi heureuse que je peux l’être de « Fann Kann ». La qualité des textes, de la musique m’importent plus que la nécessité de « faire vite ».

– Le mot de la fin?
FN: Toujours le même : fann kann ! Autant que possible, libérez-vous de vos freins et réalisez-vous. Je crois que c’est primordial. Je ne rêve pas à la paix dans le monde mais je suis convaincue que ce serait la réponse à beaucoup de frustrations 😉 .

Si vous me découvrez à travers cette itw et que vous voulez en savoir plus sur moi, visitez mon site internet : http://www.florence-naprix.com et procurez-vous l’album Fann Kann.
Au plaisir de vous recevoir en concert !


Retrouvez Florence sur la Toile

Son site officiel : http://www.florence-naprix.com

Facebook : Florence Naprix Officiel

Twitter : https://twitter.com/florencenaprix

Youtube : Florence Naprix

unnamed (8)

Comments

  1. Claude BOUDIER says:

    Bonjour Florence,
    Claude et Annie ont visité cette page web et te font de gros bisous. Génial ce dynamisme avec le groupe dans lequel tu chantes et que nous venons de découvrir au cours du voyage transatlantique. Nous ne fréquentons pas les réseaux sociaux… De gros bisous aussi à Rémi,Tilo, Nicolas et Thierry. Au plaisir de vous revoir tous les cinq. Amicalement. Annie

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :