JEAN-MARIE RAGALD: « Mon public est plus féminin que masculin car les femmes sont plus sensibles aux histoires d’amour! »

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Jean-Marie Ragald a su, en 15 ans, imposer son style et sa voix. Depuis 1999, pas une saison n’a passé sans qu’un de ses titres soient l’un des tubes marquants. Et en particulier depuis le désormais classique « T’écrire un roman », qui lui a valu un Prix Sacem du Meilleur Zouk, début d’une Ragaldmania qui a vu pas moins de 17 titres N.1 aux Antilles sur 3 albums! Une de ces stars discrètes qui maintiennent le zouk avec ses bases antillaises et prouvent que l’on peut, sans aller chercher du kizomba ou du kompa, garder un swing bien de chez nous et réussir.

– Bonjour Jean-Marie, tu as commencé la musique comme bassiste, c’est exact?
Jean-Marie RAGALD: Oui exactement. J’avais 17 ans à l’époque et j’étais déjà motivé pour faire de la musique une des choses les plus importantes de ma vie. J’étais passionné et avide de connaissance. Je prenais mon pied à apprendre l’instrument jusqu’à le maîtriser aujourd’hui, enfin je pense 😉 , car une grande partie des basses des titres que je compose sont jouées par moi. C’est trop top ça et j’en suis fier.

– A quel moment le bassiste du petit groupe du quartier Redoute à Fort-de-France décide-t-il de se lancer en tant que chanteur?
JMR: Cela s’est passé tout bêtement lors d’une prestation avec mon groupe à l’époque qui s’appelait DOUCINE, un groupe de potes dans lequel évoluait aussi mon meilleur ami Emile NAROYANIN qui étais le chanteur. Super chanteur d’ailleurs! 😉 . Un soir, avant de commencer une presta dans une soirée événement, j’ai posé une question à mes amis à savoir « Pour quelle raison le public n’a d’yeux que pour les chanteurs et non pour nous musiciens qui effectuons une gosse part du boulot derrière? ». Cela a amusé tout le monde et effectivement tous les autres musiciens se sont posés la question et Emile rajouta, fort de sa position: « Eh bien les mecs faites comme moi chantez! » et ce soir-là, pour plaisanter, j’ai décidé de me mettre aux chœurs tout en jouant de la basse mais devant avec Milo (Emile). Je me suis éclaté à faire un semblant de show avec mes amis et c’est là que j’ai compris l’importance et l’attention du public pour celui, celles ou ceux qui sont au-devant de la scène. A la fin de la presta nous avons reçu les applaudissements du public et, fiers de notre boulot, à notre tour on se félicite également et contre tout attente mes amis me disent: « Mais tu devrais faire les chœurs plus souvent parce que tu as un beau timbre de voix et que tu chantes juste! ». J’étais super content du compliment et c’est comme cela que je me suis mis au chant. C’était tout bête!! 🙂

– Tu as fait partie à tes débuts de ce qu’on a pu appeler un « Boys band », c’est une « casserole » pour toi?! lol
JMR: Nullement! 🙂 Car cette expérience a fait partie du début de mon aventure musicale. Ce groupe d’amis que certains ont appelé « Boys Band »dans le temps, mais qui n’en était pas un pour nous d’ailleurs, restera néanmoins un bon moment de partage entre potes! Un pensée pour Jean-Pierre Boromé et Stéphane Moreau et Pascal Joseph-Angelique qui faisaient aussi partie de l’aventure!

– Ton véritable départ dans le grand bain c’est 1999 avec « Prisca » qui est un énorme succès, tu t’y attendais?
JMR: Non, je ne m’y attendais pas du tout mais ce titre a fait un carton. Quand je l’ai écrit, il était pour moi comme n’importe quel morceau que j’avais déjà composé et que j’écoutais chez moi pour me faire plaisir mais le sort en a voulu autrement et je remercie le Tout-Puissant d’avoir mis sur ma route le Zoukplay Team et c’est à ce moment que l’aventure a commencé.

– Comment s’est passé cette rencontre avec ZoukPlay, qui a donné « Prisca » puis ton premier album « Forever » en 2002?
JMR: La rencontre avec Zoukplay s’est faite en toute simplicité: je connaissais Alain AJAX et Guy SUIVANT des Douze Salopards qui m’ont proposé de faire partie d’une compile, UNITED ZOUK, qu’ils projetaient de produire et m’ont demandé si j’avais un titre que je voulais mettre sur cette dernière et justement PRISCA était là, à n’attendre que ça pour sortir de sa cachette! lol Je leur ai proposé de venir à la maison écouter le morceau et de me dire ce qu’ils en pensaient et là, à ma grande surprise, ils ont tout de suite adhéré et m’ont sorti: « C’est un tube ce morceau!!! » et ça n’a pas raté. Suite à ce succès, ils m’ont donc proposé de produire mon premier album solo, FOREVER en 2002, chose que j’ai accepté avec plaisir et que j’ ai enregistré en Martinique au Studio Redzone avec Laurent LEDUC assisté de la Zoukplay team à la réalisation. Là aussi gros succès avec le titre TOUTE LES NUITS que j’ai interprété avec un ami, Patrick GROSOL à qui je fais un big up pour sa simplicité et sa sympathie. Je rêvais également de travailler avec Tony DELOUMEAUX et ça a pu se faire sur cet album dont il est l’arrangeur et le programmateur avec moi.

– Tu changes de prod et tu sors le 2nd en 2005, « Les larmes de mon âme » et tu cartonnes avec un duo avec un jeune, Joffrey Eridan (qui devient Djoriann par la suite). Quel souvenir de cet album?
JMR: C’est vrai je sors mon 2nd album LES LARMES DE MON AME en 2005 avec une autre prod AXEL REEKORDS. LANNUIT’, là aussi, c’est le jackpot: un duo avec Djoriann un jeune talentueux, un morceau qui fait l’unanimité auprès du public. J’en garde de super souvenirs avec notamment deux autres duos: un avec Christiane Valléjo, qui ne m’a jamais lâché (bisous sucrés!) et Véronique Néret (coucou!). Deux super choristes, Dominique Lorte et Jocelyne Labylle complètent cet album.

– Là, on arrive au gros morceau, l’album « T’écrire un roman » chez Chabine Prod qui te fait exploser partout dans le monde. Raconte-nous toute l’histoire de cet album qui a changé ta vie, semble-t-il…
JMR: J’aurais pu dire: « Cela se passe de commentaires, cela se vit ». Vous savez, quand vous entamez une carrière et que vous avez de l’ambition, vous avez besoin d’évolution. Et évoluer c’est l’opportunité que j’ ai eu avec Chabine Prod qui m’a proposé plus de moyens et plus d’ouverture, un choix professionnel judicieux qui me vaut aujourd’hui une place privilégiée dans le monde de la musique…

T’écrire un roman, ce titre est la consécration! Un succès fulgurant immédiat et même démesuré pour l’artiste que j’étais avant tout ça, c’est ce que j’ai ressenti au début! Cet album c’est un tout un nouvel univers, un nouveau son, une inspiration que je qualifierai de divine(lol), impulsé par un compositeur hors-normes en la personne de Steeve PIERRE-LOUIS et d’un auteur hors-norme également, Peggy BAJAL. Ils ont su écrire à ma mesure et faire de moi un artiste accompli. Ce titre et cet album m’ont propulsé dans les plus hautes sphères du zouk et en tête de tous les tops. « Appelle-moi »,  « Mwen anvi wèw », « Où que tu sois »… tous ont été des hits qui m’ont permis de me faire une place pérenne dans ce monde musical. Merci aussi à Jean-Philippe Marthély, Christian Louiset et Samuel Crestor, Guy Vadeleux, Princess Lover et Christiane Vallejo qui eux aussi, avec leurs titres, ont contribué au succès de l’album 😉

– Tu gagnes des Prix de Meilleur Interprète au Trophées des Arts Afro-Caraibéens, un prix en Guyane, un Prix Sacem, tu voyages en Afrique, aux USA… C’est la grande époque Jean-Marie Ragald?
JMR: Ouais on peut dire ça comme ça! lol il est vrai que les divers trophées que j’ai remporté m’ont énormément fait plaisir. C’est la récompense d’ un long travail d’obstination, de volonté et d’abnégation. Le CESAIRE que j’ai reçu lors des Trophées des Arts Afro-Caribéens à Paris est l’une de mes plus belles récompenses car il m’a été remis par Bernard LAVILIERS, Audrey PULVAR et Olivier MINE de France 2. Et puis il y a tous ces voyages en Afrique au Burkina Fasso, aux USA, à New York, à la Réunion, à Madagascar, aux Seychelles, en Nouvelle-Calédonie, à Paris et j’en passe et oui c’est la belle époque, c’est mon moment, ma période de succès et ce qui est merveilleux c’est que ça continue encore, à un degré moindre mais toujours autant sollicité.

– Ca n’a pas été trop dur de rebondir et proposer du neuf à ton public après cela?
JMR: Non pas du tout, c’était juste la continuité d’un travail commencé avec une équipe dont l’objectif a toujours été de faire plaisir au public en gardant une ligne de conduite musicale composée essentiellement de belles mélodies dont la simplicité et l’efficacité ont fait l’unanimité.

– Tu reviens d’ailleurs sur ce nouvel album « Tant qu’il y a de la vie » avec l’equipe de « T’ecrire un roman », la paire Bajal-Pierre-Louis pour deux nouveaux hits, « Love de vous » et « Ma Musique », c’est une bonne alchimie, vous trois?!
JMR: Oui on peut parler d’alchimie car les succès s’enchaînent les uns après les autres et ça personne ne peut dire le contraire. Peggy et Steeve ont toujours su écrire à ma mesure. J’ai cette chance! « Love de vou » et « Ma musique » ces deux hits sur l’album « Tant qu’il y a de la vie » reflètent toute la magie opérée par notre trio. C’est tellement plus simple et beau quand on se comprend musicalement et cela n’est pas donné à tout le monde. Merci seigneur!!! Serge Bilé aussi m’a écrit une chanson sur l’album, après l’aventure de la Comédie Musicale « 1902 », à laquelle il m’avait convié. Et évidemment Médhy Custos qui a signé un des hits de l’album et notre duo, « Je reviendrai », tandis que moi j’ai fait « Dani » et « Plus fort qu’avant » et Dave Pierre-Louis, « Malgré nous ».

– Le titre « Copacabana », fait un carton et c’est toi qui en est l’auteur-compositeur-interprète et arrangeur, tu fais beaucoup de titres toi-même?
JMR: C’est vrai que je suis auteur compositeur interprète et programmateur et que je compose beaucoup de titres moi-même. Quelques exemples: « Appelle moi, Mwen anvi wèw, Plus fort qu’avant, Copacabana, Elle m’a dit » etc… « Copacabana » est une de mes compositions que j’aime tout particulièrement pour son groove, son swing et sa dynamique. C’est un titre très exotique avec un coté festif qui rappelle les ambiances chaudes et colorées des Antilles et du Brésil. Je ne vous mentirai pas, ce titre m’enchante 🙂

– Les radios dites « jeunes » boudent depuis peu tes sons aux Antilles alors que tu as toujours le soutien du public, ça t’inspire quoi? Tu deviens vieux?
JMR: Ces radios dites jeunes ont un fil conducteur à respecter qui malheureusement n’inclut que la musique zouk nouvelle génération, dommage pour moi je n’en fais apparemment pas partie néanmoins, quelquefois, leurs professionnalisme les déroute de ce fil conducteur et les pousse à programmer de temps à autre mes titres… non excusez-moi… mes tubes! lol 🙂 . L’âge amène la raison mais ne freine pas la motivation, l’envie de partager et surtout le talent, valeur inestimable d’un artiste accompli.

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– Comment crées-tu? D’où te vient ton inspiration?
JMR: Mon inspiration ne vient pas systématiquement du vécu mais souvent d’une inspiration profonde, don du ciel, mais aussi et surtout du quotidien de tout un chacun. Le zouk love est basé sur des moments de tendresse reflétés dans la majeure partie de mes textes.

– Tu chantes beaucoup les femmes, tu les pratiques tout autant?! On dit que tu es un grand charmeur!
JMR: L’homme en général est un grand charmeur, je fais partie de cette catégorie sans aucune exagération. Il faut reconnaître que la femme est souvent demandeuse et là, par contre, je reconnais aisément que je suis vendeur 😉

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– Ton public est surtout féminin d’ailleurs, tu es donc le type de beaucoup de femmes, qu’est-ce qu’elle te trouve d’après toi?
JMR: La question reflète la réalité. C’est vrai que mon public est plus féminin que masculin car les femmes sont plus sensibles aux histoires d’amour. L’homme que je suis est quand même différent de l’homme que je représente sur scène car celui que je suis en réalité a un fort caractère, des qualités et des défauts au contraire de celui que l’on voit sur scène qui est un interprète qui véhicule des messages d’amour. Ceci dit, il n’existe quand même pas un fossé entre les deux. Je pense que les femmes trouvent en moi peut-être un certain idéal que je véhicule par le biais des textes de mes chansons qui font rêver mais aussi ce que je dégage sur scène en tant qu’ homme.

– Que représente la Femme pour toi?
JMR: La femme pour moi est synonyme de respect, je recherche sa présence mais pas dans la convoitise aveugle. Elle est et restera une mère, une sœur, une confidente, une copine et j’en passe. Ceci dit, j’avoue être maladroit et parfois irrespectueux, dans la limite des choses… je suis juste un homme 😉 .

– Jean-Marie en privé, il est comment?
JMR: En privé je suis simple, déconneur, j’aime taquiner, la bonne bouffe, les parties de foot et de dominos entre amis. Il m’arrive parfois d’avoir un coté solitaire qu’on me reproche, en tous cas je ne suis pas invivable.

– Tu es un sportif accompli, tu aurais pu devenir footballeur pro. Tu as eu à choisir entre les deux carrières? Musique ou Football?
JMR: S’il fallait revenir en arrière j’aurais choisi le football, sport que je pratique en club encore aujourd’hui. Etant plus jeune, j’ai eu l’opportunité de partir au Centre de Formation de l’équipe de Bordeaux mais vu mon évolution dans ma carrière musicale, le choix fut vite fait, mais je ne regrette rien.

– Comment concilies-tu la vie d’artiste, la vie sportive et la vie privée?
JMR: Ma vie d’artiste est bien coordonnée et basée sur des contrats bien définis. Ma vie d’artiste empiète sur le coté sportif car des fois les matchs de foot tombent le même jour que les prestation; à ce niveau je fais des concessions et je dois constament faire le choix entre l’un ou l’autre. Quant à ma vie privé, elle trouve sa place entre les deux.


– Ton album « Juste un Homme » a eu également beaucoup de succès avec 3 titres, dont le récent « Cette femme », parle-nous un peu de ce titre qui est spécial pour toi…
JMR: Ce titre, je l’ai composé pour ma Grand-Mère, avec qui j’ai grandi. Entre ma Grand-Mère et moi, il y a eu un vécu inoubliable, en tant qu’artiste et petit-fils je me devais de rendre hommage à cette femme qui m’a fait naître et m’a donné l’envie d’aimer, de partager et surtout de composer.

– La famille c’est important pour toi?
JMR: Plus que tout au monde car elle fait partie intégrante de ma vie!

– Cela fait 7 ans que tu es dans les « meilleurs mondiaux » pour reprendre un terme sportif, tu as toujours l’envie de faire mieux?
JMR: Nous vivons de rêves et de surprises, continuons de rêver ensemble car je vous réserve de belles surprises pour 2015. Soyez rassurés! 😉

ragald_retouche_HD– Quel serait ton grand rêve? Celui que tu n’as jamais avoué à personne?

JMR: Chanter au Madison Square Garden à New-York pour une grande cause humanitaire réunissant les plus grands artistes du monde.

– Merci Jean-Marie pour cet entretien et bonne chance pour la suite…

JMR: Merci à vous et j’embrasse tous mes fans à travers le monde et les fidèles de ma page Facebook! Love de Vou!

Jean-Marie Ragald « Juste un Homme » disponible en téléchargement légal: https://itunes.apple.com/fr/album/juste-homme-remastered-deluxe/id738628893

Retrouvez Jean-Marie sur la Toile

Facebook : Jean-Marie Ragald Officiel

YouTube : Jean-Marie Ragald

e-Book sur Jean-Marie Ragald : https://itunes.apple.com/fr/book/jean-marie-ragald/id628647286?mt=11

 

 

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