METHI’S: « Aujourd’hui je suis une femme qui sait qui elle est et ce qu’elle veut! »

happyman

(c) Happyman Photography

 

Méthi’S est une artiste prédestinée. Elle démarre à 20 ans au sein d’un collectif dancehall guadeloupéen, explose avec Saik et signe chez DonsMusic à 23 ans seulement. Après 2 albums variés et très personnels, elle a conquis le grand public, les jeunes et moins jeunes et a su faire de sa gentillesse chronique un atout sûr. Une voix, un sourire, un sourire dans sa voix et la voilà « awtis » touchant le public avec ses mélodies simples et efficaces. Elle écrit également pour d’autres, parsemant sa sensibilité le long de la bande FM. C’est un peu de son Soley qu’elle vous offre sur FrekansZouk Magazine aujourd’hui…

 

– Bonjour Méthi’S, présente-toi aux lecteurs de FKZM…
Méthi’S: Bonjour je m’appelle Loholi je suis sur la fin de ma jeunesse, car il paraît qu’une femme après 25 ans commence à vieillir lol! 🙂 Née en 1986 à Pointe à pitre , je suis une passionnée de musique depuis toujours, pas très difficile quand on a une mère musicienne…

– Quand on a un joli prénom comme Loholi, pourquoi en changer pour Méthi’s?

M’S: Mon prénom est un mot tiré d’un livre indou, à signification particulière que je ne donnerai pas ici. Désolé…‎ Jai cru qu’un pseudo me permettrai de mieux gérer ma vie d’artiste et ma vie privée même si avec le recul d’aujourd’hui, ça n’a aucune importance. On dira que c’était à la mode d’avoir un blase, ça faisait artiste officiel…

– Méthi’S signifie Small Métisse, tu as eu envie de te définir par le métissage culturel tout autant que celui de ta peau?

M’S: A l’origine je n’avais pas tellement cherché plus loin que le mélange de mes parents, mais comme rien n’est hasard je suis assez contente d’avoir fait de ma musique un milk-shake qui rend logique le choix de mon pseudo.

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– Tu as démarré dans le reggae-dancehall pur, au sein du collectif Génésiz avec qui, on peut le souligner, tu toastais. Peux tu nous en dire plus?

M’S: Il y a quelques années SamX, artiste très côté de chez nous, a voulu monter un collectif de talents , le Génésiz, pour rassembler les potentiels, créer une dynamique et faire bouger la Guadeloupe. Ayant entendu mes compositions, il m’a donc proposé de rejoindre son groupe. Le temps m’a donné raison puisque grâce à nos mixtapes, nous avons créé à l’époque un buzz non négligeable. SamX a sorti le titre « Woman Pa Pléré » chez Lalaprod, sur lequel j’apparaissais d’ailleurs, récompensé d’un Prix Sacem. Quand au toast, c’est un truc que j’aime bien et que je faisais beaucoup parce que c’était original d’entendre une fille en faire.

– Ta première apparition date de 2008, sur l’album de Saik avec qui tu interprètes « An Ba Soley »…

M’S: Non, la 2ème… La première étant avec SamX du coup…

– Ca te fait quoi de revoir ce clip, « An Ba Soley »?

M’S: Ça me faire rire!!! Chaque fois je délire sur le style, le côté pas classe, pas chic, pas mignonne, un peu garçon manqué, etc… ‎Mais durant ces années magiques, on faisait de la musique pour la musique, il n’y avait pas cette pression de réussite obligatoire derrière.

– Après cela, il se passe quoi pour toi? Qu’est-ce que « An Ba Soley » t’a apporté?

M’S: « An Ba Soley » c’est un peu la clé de tout. C’est ce titre qui m’a fait rencontré mon producteur actuel. Pourtant entre 2007, sortie de lalbum de Saik et la sortie de mon 1er album, 3 ans sont passés. ‎Mais pendant les 2 années qui ont suivi je me suis posée beaucoup de questions sur ce que je voulais vraiment faire, sur qui j’étais et finalement, avec Staniski, mon directeur artistique, nous avons décidé de travailler sur un projet d’album.

– Apparemment, tu as frappé à quelques portes avant que celle de Don’s Music ne s’ouvre pour l’album « Mon Nid’Iles » sorti en 2010?

M’S: Je dirai que jai discuté avec plusieurs producteurs avec l’envie d’être signée Don’s Music, avec qui j’étais en contact depuis déjà quelques temps via le premier album de Saïk, par exemple…

– Contrairement à l’attente, tu te diriges alors vers le zouk et pas le dancehall… Pourquoi?

M’S: Cette question me fait sourire. Il est vrai que mon 1er single officiel est zouk, le 2eme compa et le 3 eme acoustique. C’est simplement parce que c’étaient les titres à plus fort potentiel de l’album sur lequel on retrouve aussi du dance hall, jump up…

– Sur ‘Mon Nid’Iles’ le premier single « TMMK » est un carton…

M’S: Oui, ça cartonnait surtout en Guadeloupe, et comme on voulait intéresser d’avantage la Martinique, on a fait appel à Kalash pour une version remix car lui de son côté y faisait le buzz.

– A ce moment-là, tu as pensé que le pari était gagné?

M’S: Ooooh non. Je connais trop bien ce monde pour penser une seule seconde que c’est gagné. On gagne des fans oui, des vrais qui nous suivent quoi qu’il arrive, mais le buzz est la chose la plus éphémère que je connaisse dans la musique. Et « TMMK » c’était en effet du buzz.

– Effectivement à sa sortie, l’album connait un certain succès mais tu embrayes quand même assez vite avec un deuxième single « Nou jen », disponible en version acoustique pour les vacances 2011 et qui également sera un énorme tube. Une surprise?

M’S: Avant « Nou Jen » il y a eu « Two Lontan » qui a lui aussi vraiment bien fonctionné. En fait, j’adorais ce titre version album et c’est un ami, Shorty, qui a voulu faire un jour une vidéo acoustique pour annoncer une soirée découverte qu’il produisait. La vidéo a eu immédiatement un gros succès, ce qui a poussé ma production à en faire une version studio qu’on a proposé au public. Surprise oui. Ravie oui… Ce qui est cool c’est que c’est le public qui l’a réclamé. Il n’y a rien de mieux.

– Ça a finalement donné la vraie direction de Méthi’S plus proche de la musique acoustique que du zouk love de boite de nuit…

M’S: C’est vrai d’une certaine façon. En fait, ça fait que la plupart de mes prestations aujourd’hui sont live, que j’ai effectivement diminué sur les clubs mais je ne néglige aucun public. Il faut aussi pouvoir chanter en club pour ceux qui ne peuvent pas venir au concert. C’est ca la musique.

– ‘On Dot Soley’ sort en Avril 2013 après une grosse campagne sur les réseaux de ta part, tu t’es donnée à fond!

M’S: Je me suis suuuurpassée. 😉 ‎ J’avoue, je suis fière de moi. J’ai même reçu les félicitations de personnes travaillant dans la communication qui ont trouvé que j’avais fait preuve de beaucoup d’imagination, de slogans accrocheurs etc… tellement j’avais envie que l’album soit un événement!

– Comment as-tu conçu cet album? Que voulais-tu faire passer comme message, comme émotions au travers des titres qui le composent?

M’S: On fait des titres et on cherche la cohérence entres eux après. Je ne sais pas faire un album en decidant de ce à quoi il va ressembler.

– Il est entièrement en créole, pourquoi ce choix?

M’S: Parce qu’il est nécessaire qu’on mette en lumière ce qui vient de chez nous avant le reste. Les Anglais chantent en anglais, les Italiens en italien, nous on a le choix du français et du créole, ils sont nombreux à valoriser le français et trop peu à s’occuper du créole, je trouve ça dommage.

– Et tes concerts des 10 et 11 juillet à l’Atrium et La Kaza, une expérience que tu referais?

M’S: Je rêve de concert. Ce sont des moments magiques, inoubliables, que je voudrais pouvoir revivre tout le temps oui.

– On a particulièrement apprécié le titre « Awtis ». Très joli texte, où tu abordes la dichotomie artiste/star. Aussi, penses-tu que devenir star, c’est ne plus être artiste?

M’S: L’artiste devient star grâce au public qui le porte, je trouve ça beau. Mais les stars sans talents ça m’épuise.

– Au risque de te décevoir, nous on pense que tu en es déjà une, de star, tu supportes le choc?! 

M’S: Mdrrrr si c’est parce que mon talent me rend un peu célèbre alors oui, ça va je tiens le coup. Si c’est juste le côté people…au secouuuurs. 🙂

– Réussir à reprendre « Enmen En Silans », avec Frédéric Caracas en plus, c’était un gros défi et ça a marché! En es-tu fier?

M’S: C’est l’une de mes plus belles réussites. Je suis touchée, honorée, que Frédo ait rechanté avec moi. Je voulais lui rendre hommage, mais sa présence sur le titre a donné une autre dimension au projet. On a vraiment fait le maximum pour faire vivre le morceau avec tout l’amour qu’on avait. Je suis une chanceuse.

– Avec ‘On Dot Soley’ on a eu l’impression de voir le passage de Méthi’S de l’état de jeune fille à celui de femme, est-ce une impression?

M’S: C’est tout à fait ça. J’ai beaucoup appris du 1er album. Les gens, le métier, les bons côtés, les coups durs, ça fait mûrir. Donc, oui, aujourd’hui je suis une femme, qui sait où elle va, qui elle est, ce qu’elle veut et ne veut pas. J’ai gagné en sérénité.

– Méthi’S est une artiste connue pour sa gentillesse et sa disponibilité. Quel genre de femme es-tu en privé?

M’S: Une femme gentille et disponible!!! Je suis un amour loool 🙂

– Tu concilies facilement la vie de couple et la vie d’artiste?

M’S: Ahahahahahahah je concilie. Le mot facilement n’a pas sa place ici.

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– Quelle femme serait ton modèle féminin idéal?

M’S: Oprah Winfrey! Ambitieuse, battante, acharnée, j’aime ça.

– Tu cuisines pour ton homme ou bien il doit se débrouiller lui-même parce que tu es trop occupée?!
M’S: On a toujours le temps quand on veut vraiment. Le pauvre, il se tape ma cuisine parfois alors qu’il est tellement plus doué que moi.

– Tu t’es lancé également dans l’animation radio sur Martinique 1ère lors des vacances 2014, une expérience enrichissante?

M’S: J’ai adoré. Je crois même que je me suis découverte une passion. ‎C’est un autre monde, mais j’aime apprendre, et les rapports avec les gens sont différents, j’ai trouvé ça top.

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– Tu y vois une voie professionnelle future possible? Ou sinon quelles sont tes envies?

M’S: Peut-être, pourquoi pas… J’aspire tout de même à une vie plus discrète pour les années a venir.

– Ce mois-ci tu as sorti le titre « Regret » en single inédit. Une chanson où une femme regrette d’avoir laissé un homme et réalise que finalement elle a cherché mieux pour rien… histoire vécue?

M’S: Sachez Messieurs et Dames, que Regret doit s’écouter à l’envers! J’ai été quitté, et j’ai écris cette chanson en imaginant ce que j’aurais aimé entendre mon ex me dire. Mais c’est le genre de situation qu’on finit tous par connaitre un jour ou l’autre. Et sinon petit clin d’œil à mon ami Mr. Francky qui signe la composition 😉

– C’est rare d’entendre une femme chanter les regrets, qu’est-ce qui te motive à écrire ce genre de chanson? Faire passer un message?

M’S: J’écris toujours sur les relations humaines. Chanter les regrets, c’est chanter ce qu’on ressent tous mais qu’on ne veut pas avouer. J’ai cessé depuis longtemps de faire semblant. Si je souffre, je n’ai plus honte de le dire. Je ne revendique rien, je n’essaie de convaincre personne, je chante et je dis merci au Ciel quand mes paroles touchent le cœur de quelqu’un d’autre que moi-même.

– Quels sont tes projets 2015?

M’S: Musique. Des singles, des clips, des concerts, un album… Il faudra rester connecté pour tout savoir.

– A-t-on oublié de te demander quelquechose?

M’S: Oui: « Est-ce que je suis contente d’avoir participé à cette itw? » lol. Ben oui, tu vois, je viens de passer un bon moment avec vous. Donc merci, bisous!

Merci Méthi’S ^^

 

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Remerciements de FKZM à Franck de Konkablishment pour sa collaboration 

Comments

  1. A reblogué ceci sur catlefi.

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